Rien de bien neuf sous le soleil (noir) de Wim Delvoye, du moins si l’on en croit l’exposition catalogue de la Galerie Guy Bärtschi. Il reste que cette juxtaposition d’une ­quarantaine de pièces (1988-2011) offre l’occasion d’un petit retour sur un travail à la fois éclaté et cohérent.

Oui, il y a un «esprit» Delvoye, une façon d’ausculter notre relation convenue aux images. En utilisant notamment la radiographie. L’artiste a ainsi fait passer Cloaca, son énorme «machine à caca», tuyauterie qui, en soi, rend déjà visible la digestion, devant un appareil de radiographie utilisé par les douanes. Cette mini-rétrospective montre aussi des étapes du chemin de croix (Viae Crucis) où des souris de laboratoire incarnent Jésus et les autres personnages de l’Evangile, réalisé aussi en imagerie médicale, ainsi que des radiographies d’actes sexuels divers. Ici, les rayons X le sont doublement.

Des symboles revivifiés

Deux travaux de dentelle aussi dans cette exposition: une petite bétonnière gothique en acier inoxydable, magnifique de détails ciselés au laser, et un pneu découpé à la main, dentelle sombre et caoutchouteuse. A chaque fois, Wim Delvoye percute les symboles, les références, pour donner à ses pièces une énergie qui les rend fascinantes.

Wim Delvoye, Galerie Guy Bärtschi, route des Jeunes 43, Genève. Jusqu’au 15 mars. www.bartschi.ch