Cinéma

«Wolkenbruch»: carpe farcie et farce flapie

Michael Steiner connaît un grand succès public en Suisse alémanique avec une comédie sentimentale située en milieu juif orthodoxe qui accumule clichés et platitudes

Motti Wolkenbruch (Joel Basman) est un gentil garçon. Issu d’un milieu juif orthodoxe, il est tout à fait soumis à son impérieuse maman, une mère juive exubérante et castratrice comme le cinéma en raffole. Arrivé à l’âge des arrangements maritaux, il subit les rendez-vous que sa génitrice lui impose avec diverses filles à marier de la communauté. Sa soumission à un ordre immuable se fissure lorsque le dadais à kippa rencontre sur les bancs de l’université Laura (Noémie Schmidt), une shiksa délurée. Il se rase et acquiert des lunettes modernes. Emois et glapissements maternels! Décision est prise d’envoyer le fils rebelle se ressourcer en Israël. Pas de bol: il y rencontre une fille qui aime l’arak et le sexe. «Tel-Aviv est un bordel», clame la mamé effarée.

Gags gentillets

Michael Steiner, le wunderkind de la cinématographie helvétique (Mein Name is Eugen, Grounding, Sennentuntschi), a eu un coup de mou avec Das Missen Massaker (15 000 entrées…). Il renoue avec le succès, puisque Le merveilleux voyage de Wolkenbruch a enregistré près de 300 000 entrées en Suisse alémanique et part grand favori pour le Prix du cinéma suisse avec cinq nominations, dont Meilleur film, Meilleur scénario et Meilleure interprétation masculine…