Woodstock Forever (4/5)

A Woodstock, dernières notes dans le soir qui vient

Têtes d’affiche du festival, ils sont les prophètes des lendemains qui chantent. Mais, fatigués, ils entraient déjà dans les ténèbres de la dissolution et de la mort. Fin de parcours avec Jimi Hendrix, Janis Joplin, Grateful Dead ou Jefferson Airplane

Cette semaine, à l’occasion du cinquantenaire de Woodstock, «Le Temps» fait revivre le festival légendaire qui a changé l'histoire de la musique.

Episodes précédents:

Woodstock a été imaginé comme l’apothéose du Flower Power, ce mouvement né sur la côte Ouest au mitan des sixties dans une floraison de couleurs inouïes. Las! Les plus belles fleurs se fanent. La vague lysergique a commencé à se retirer et ce qui devait sonner le début d’une ère nouvelle a marqué la fin de l’utopie hippie. Significativement, les deux groupes emblématiques du grand été californien font pâle figure dans l’Etat de New York.

Du Grateful Dead, on ne voit dans le film que sa figure de proue, le guitariste Jerry Garcia. Très cool derrière ses lunettes jaunes, le jovial barbu brandit un joint dodu. Leur prestation étant de piètre qualité, les musiciens ont demandé à ne pas apparaître à l’écran. Les concerts du Dead s’étiraient sur trois ou quatre heures, correspondant à la durée d’un voyage sous acide (le surnom de Garcia état d’ailleurs «Captain Trips»…); celui de Woodstock, «sans doute le pire de notre histoire», selon le guitariste Bob Weir, a atteint 95 minutes, incluant une suspension liée à des problèmes techniques. Oscillant entre les dérives psychédéliques des débuts et une nouvelle inclination vers la musique country, le Dead s’avère effectivement vaseux, approximatif à en croire les extraits disponibles sur YouTube… Seul Black Star, le morceau de bravoure, a sauvé l’honneur.