«Ce ne sera sans doute pas la dernière édition du World Music Festiv'Alpe. Il est encore un peu tôt pour tirer des conclusions définitives, mais, à première vue, nous sommes sur la bonne voie», expliquait dimanche après-midi Pascal Widmer, attaché de presse de la manifestation vaudoise. Avec une affluence estimée à 4500 spectateurs payants en trois soirs, la survie du festival – mise en question par deux premières éditions catastrophiques sur le plan financier – paraît donc acquise.

Après le congé sabbatique forcé de l'an dernier, la nouvelle équipe du Festiv'Alpe (Aldo Federici ayant repris le flambeau suite au départ du fondateur de la manifestation, Alain Mauer) avait fait les choses en grand pour éviter un nouveau bouillon. Repensé, le très beau site damounais est désormais libre d'accès. Pour pénétrer la Halle aux épices – cadre d'un «off» encore approximatif –, les stands, ainsi que le tipi de massage et autres lieux de débats: nul besoin de sésame. Mais la gratuité s'arrête où commence la musique, les seuls détenteurs de billets étant autorisés à franchir les portes du chapiteau multicolore qui abrite la scène officielle. Une vaste tente pouvant recevoir près de 3000 mélomanes, fermée sur l'arrière et sur les côtés.

L'abri est sûr et chaud. Il permet d'échapper à la dictature d'une météo décidément peu estivale, mais procure un curieux sentiment de confinement. Le Festiv'Alpe a beau rester un open air, à l'image du Paléo ou de Rock Oz'Arènes, il y a désormais un dedans et un dehors à Château-d'Œx. Curieux pour un événement qui se prévaut de concilier musique et nature dans un esprit d'ouverture au monde…

Le public a pourtant visiblement adhéré à la formule, goûtant tout particulièrement l'extrême proximité des artistes, installés sur une scène basse et sans barrière. Une ambiance familière et bon enfant qui, pour ce qu'on en a vu vendredi, semble convenir à la world music la plus authentique (Lakshmi Santra), comme aux mélopées plus commerciales du Trio Esperança, ou aux sonorités plus tendance de la voluptueuse Natacha Atlas et du monastique Mich Gerber.

Reste que pour envisager sereinement l'avenir, le Festiv'Alpe devra être en mesure de drainer un public dépassant son bassin d'implantation, ce qui fut loin d'être le cas cette année. En témoigne le camping: vaste prairie dans laquelle pointaient vendredi les cimes colorées d'une poignée de tentes esseulées dans la nuit.