Cinéma

«X-Men: Dark Phoenix», une héroïne sombre pour une saga qui s’essouffle

Le douzième épisode de la saga mettant en scène les mutants protégés par le professeur se concentre sur le personnage de Jean Grey

Tout commence en 1975, lorsqu’une fillette douée de télékinésie provoque malgré elle un accident de voiture. Ses parents meurent, elle en ressort indemne. Elle s’appelle Jean Grey et va alors rejoindre l’internat créé par le professeur Xavier pour les enfants possédant des dons extraordinaires. Fondu au noir, ellipse. Dix-sept ans plus tard, alors que l’équipage d’une navette spatiale est en danger, Xavier décide d’envoyer quelques-uns de ses mutants à la rescousse. Et Jean va signer la réussite de la mission en absorbant l’énergie colossale dégagée par une éruption solaire.

Dans les trois premiers films de la saga X-Men, réalisés entre 2000 et 2006, Jean était interprétée par Famke Janssen. La voici, dans X-Men: Dark Phoenix, sous les traits de Sophie Turner, qui était déjà brièvement apparue il y a trois ans dans X-Men: Apocalypse. La voici surtout personnage principal d’un film qui ne va pas la présenter sous son double de Phénix, mais sous une entité plus sombre qui s’avérera être une menace pour les siens: le Phénix noir.

Héros ou hors-la-loi

La franchise X-Men compte désormais 12 longs métrages, qui couvrent une période allant de la Deuxième Guerre mondiale à 2029. Les mutants y sont parfois des héros adulés, parfois des hors-la-loi obligés de vivre dans la clandestinité. Les destins de cette vaste équipe créée par Stan Lee et Jack Kirby en 1963 – et qui compte quelque 120 personnages dans les comics – se croisent et s’entrecroisent au point qu’on a fini par perdre le fil. Mais ce n’est pas trop grave puisque chaque film développe son propre arc narratif.

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Dans ce Dark Phoenix, il est ainsi question des émotions contradictoires qui vont pousser Jean à fuir, et du combat opposant les X-Men à une troupe d’aliens recherchant l’énergie qu’a absorbée la jeune femme. Tout cela est totalement inintéressant et filmé sans réelle passion; on est très loin du mélange de romanesque et de second degré qui sous-tend l’autre grande saga menée par les studios Marvel, et dont Avengers: Endgame est déjà le vingt-deuxième chapitre.


«X-Men: Dark Phoenix», de Simon Kinberg (Etats-Unis, 2019), avec Sophie Turner, Jennifer Lawrence, James McAvoy, Jessica Chastain, Michael Fassbender, 1h53.

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