Pour le grand public, la Fnac (Fédération nationale d'achat des cadres) est avant tout un grand centre commercial où l'on trouve livres et matériel audiovisuel à prix compétitifs. Mais ce même sigle est aussi celui d'un tout autre organisme. Il s'agit du Fonds national d'art contemporain (Fnac). Créé en 1976, placé en 1982 sous la tutelle de la Délégation aux arts plastiques du Ministère français de la culture, il est l'héritier du service né après la Révolution et chargé d'acheter pour le compte de l'Etat français des œuvres aux artistes vivants.

La première mission du Fnac est de témoigner d'un patrimoine vivant et de le soutenir. Depuis 1982, grâce à un budget appréciable (actuellement environ 4,8 millions de francs suisses), il a acquis plus de 19 000 œuvres. Et depuis deux siècles, ce sont près de 70 000 œuvres qui ont été engrangées. Mais le Fnac n'est pas un musée. Même s'il dispose d'un bâtiment de conservation, construit à la Défense en 1991. Ses acquisitions sont placées en dépôt dans les musées, les résidences nationales, les mairies, les ministères, les ambassades. Désormais, les musées étrangers peuvent également bénéficier de prêts, et le Mamco est le premier à en tirer parti.

La deuxième mission du Fnac est de diffuser cette collection. Plus de 2000 œuvres sont prêtées chaque année pour des expositions en France et à l'étranger. Un site (www.fnac.culture.gouv.fr) et une politique éditoriale ont été mis sur pied. Les Cahiers du Fnac, n° 2, sont ainsi consacrés à l'exposition de Genève.

Mais il y a aussi en France les Frac (Fonds régionaux d'art contemporain), à ne pas confondre avec le Fnac. Ils sont au nombre de 22, suite au découpage en grandes régions remontant à 20 ans. Et sont chargés, eux, de mettre sur pied des collections en rapport avec les créateurs contemporains régionaux, de façon à établir avec le public une relation plus directe. Ils sont financés pour moitié par l'Etat français et moitié par chaque région, avec évidemment des budgets très différents d'une région à l'autre.