Yanik Lahens, la femme du Femina

Prix littéraire L’écrivaine haïtienne distinguée pour «Bain de lune»

«Le jury a compris que cette histoire, si elle se passe en Haïti, est universelle», a déclaré Yanik Lahens, apprenant qu’elle avait reçu le Prix Femina pour Bain de lune, paru chez Sabine Wespieser. Les jurées ont été sensibles à cette voix de naufragée qui s’élève sur la grève; touchées par cette femme moribonde qui veut raconter les générations qui l’ont précédée: «Remonter toute la chaîne de mon existence pour comprendre une fois pour toutes… Remettre au monde un à un mes aïeuls et aïeules…»

Ce prix à Yanik Lahens ouvre une semaine très littéraire où le Médicis (mardi), le Renaudot et le Goncourt (mercredi) doivent être annoncés. La romancière haïtienne, (La Couleur de l’aube, Failles, Guillaume et Nathalie, tous chez Sabine Wespieser) l’a emporté par six voix pour Bain de lune – dont on pourra lire la critique le 8 novembre dans le Samedi Culturel –, contre quatre à Joseph (Buchet/Chastel) de Marie-Hélène Lafon .

Zeruya Shalev et Paul Veyne aussi lauréats

Autre femme couronnée, l’Israélienne Zeruya Shalev, qui remporte avec Ce qui reste de nos vies (Gallimard) le Prix Femina étranger. Un roman, familial lui aussi, en huis clos cette fois, qui est également «une parabole collective, la peinture d’un pays tourmenté qui s’interroge constamment sur ce que le destin lui réserve», dit André Clavel, dont la critique paraîtra également le 8 novembre.

Paul Veyne enfin, avec son livre autobiographique Et dans l’éternité, je ne m’ennuierai pas: souvenirs (Albin Michel), reçoit le Femina du meilleur essai. Il bat par six voix contre quatre Elisabeth Roudinesco et son Sigmund Freud en son temps et dans le nôtre (Seuil). Ce spécialiste de l’antiquité (Les Grecs ont-ils cru à leurs mythes?) livre une autobiographie par fragments, «une marqueterie littéraire dont la structure reproduit l’indécision de toute existence considérée dans ses inévitables voltes», écrivait Philippe Simon dans le Samedi Culturel du 18 octobre. Un prix de l’essai mais qui salue «une existence en tout point romanesque», relevait-il.