Yaron Herman, une intelligence hilare

Yaron Herman est l’un des mentors de cette académie. On le connaît bien. Il fait partie de la dizaine de pianistes de jazz dont on attend d’eux qu’ils marquent leur temps. Israélien établi à Paris, il a passé l’essentiel de la semaine à chercher chez chacun des participants les éléments d’une voix personnelle. Son concert au Funky Claude Bar était un espace d’ouverture.

Au lieu de jouer seul, comme il était prévu, il a invité plusieurs membres de l’académie et aussi un autre mentor, le musicien électronique Sébastien Schuller. Avec le jeune guitariste Yoav Eshed, étudiant à Berklee, ils ont travaillé sur une composition du Gershwin israélien, Sasha Argov. Un poème d’amour à la mer. Une plongée dans les modes orientaux, d’une douloureuse intensité. Yaron était là. Dans son atelier où il dévoilait ses secrets de fabrication, la façon dont il structure les compositions, avec des blagues à tous les carrefours.

«J’ai eu mes maîtres. Mon premier professeur à Tel-Aviv, mais aussi les disques de Keith Jarrett. J’ai essayé de transmettre aux candidats d’autres aspects: la nécessité du silence. Ils apprennent à jouer dans leurs écoles. Ils doivent aussi penser au contenu de leur musique, ce qu’elle souhaite exprimer. Ils devraient aller chercher en dehors de la musique.»

Yaron lit, il aime les mathématiques, le basket. Sa musique est le fruit de ses périples extérieurs. Les écoles n’enseignent pas qu’il faut souvent les quitter pour en tirer les leçons.