Yasmina Khadra

L'Ecrivain

Julliard, 244 p.

Yasmina Khadra s'appelle Mohammed Moulessehoul. On savait depuis 1999 que le mystérieux auteur de polars dénonçant les exactions de la guerre civile était un homme. Il a fini par se dévoiler: officier en rupture de l'armée algérienne, il ne supportait plus la schizophrénie entre son devoir de soldat et sa vocation d'écrivain. C'est ce qu'il explique dans cette autobiographie d'un enfant de troupe. A l'âge de neuf ans, son père l'a placé chez les cadets, une expérience malheureuse mais qui ne l'a pas empêché de devenir un officier convaincu de sa mission. La violence de ses romans s'exerce contre les islamistes et non contre l'armée qui connaît les lois de la guerre mais pas celles de la guérilla. Fatigué de se cacher derrière l'identité d'une femme, la sienne, le militaire a choisi de démissionner et de vivre au Mexique de son écriture. Un métier qu'il envisage comme une vocation, un rempart contre la barbarie. L'Ecrivain dit la genèse de cette passion, la découverte de la littérature engagée, le besoin croissant d'intégrité. C'est aussi le récit touchant d'une jeunesse pendant la révolution algérienne, les amours difficiles de l'adolescent et une rencontre marquante avec le président Boumedienne.