Yôko Ogawa

L'Annulaire

Trad. de Rose-Marie Makino-Fayolle

Actes Sud, 96 p.

n Yôko Ogawa aime les piscines, les salles de bains, la pluie, les plantes, les insectes, les glaces qui coulent et les gâteaux qui dégoulinent. Yôko Ogawa a l'art du détail qui tue. Après La Piscine, Les Abeilles et La Grossesse (Actes Sud), on retrouve dans L'Annulaire la douceur avec laquelle la romancière japonaise installe, par petites touches, une atmosphère étrange et inquiétante. Son goût pour la cruauté et la morbidité, cachées sous l'apparente banalité des vies. Dans L'Annulaire, une jeune fille est engagée dans un mystérieux laboratoire dirigé par un non moins mystérieux professeur qui naturalise des «spécimens». Pas des papillons étalés dans des cartons ou des grenouilles dans des bocaux de formol, non, les spécimens, ici, peuvent être des champignons microscopiques, une mélodie, une cicatrice, des cheveux… Bref, des bribes de souvenirs, conservées et… oubliées comme dans un cimetière. Happée par l'atmosphère de cet étrange endroit, la jeune fille deviendra à son tour un des spécimens du professeur.