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«You Are Wanted», une parano berlinoise

Une des premières séries internationales d’Amazon est allemande. Proposition de rattrapage pour un excellent suspense à base de hacking et de services de renseignement qui se mangent le nez

Devinette: dans quel pays Amazon a-t-il produit l’une de ses premières séries non américaines? Tout de suite, la réponse: en Allemagne. Et le moins que l’on puisse dire est que le géant du web ne promeut pas particulièrement son exotique fiction, située à Berlin. En plus, elle porte un nom plutôt niais, You Are Wanted. Elle vaut pourtant largement le détour.

Les grandes oreilles de la NSA, eh bien, écoutent

Lukas est un employé ordinaire dans l’hôtellerie. Un soir d’orage, une panne générale paralyse la capitale allemande. Un groupe de hacktivistes, dit Antidote, revendique le forfait, mais par ailleurs, Lukas est accusé d’en être le responsable. L’affaire se complique très vite. On approche le fils de Lukas, tandis que sa femme, dessinatrice, travaille pour un individu au jeu trouble.

De l’autre côté de l’Atlantique, la NSA, qui paraît proche des services de renseignement allemands – rappelons qu’il s’agit d’une fiction –, s’inquiète face à ce Barnum berlinois, redoutant que des données sensibles ne soient dispersées dans la nature.

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Une «Mr Robot» pas poseuse

You Are Wanted suit un canevas proche de Mr Robot, mais elle n’est pas poseuse, ne prétend pas porter le destin des démocraties à travers son conte, et son personnage principal se révèle bien plus intéressant que la tête à claques de la fiction américaine. Tout à fait dans l’air du temps, la série créée par Hanno Hackfort, Bob Konrad et Richard Kropf renoue avec le postulat classique de l’innocent accusé à tort, qui doit se débattre toujours plus vigoureusement face à l’hostilité. Alfred Hitchcock s’est régalé de ce dispositif.

Ici, sérialité oblige, le mécanisme est différent, mais il est délayé avec talent. La dimension géopolitique n’apparaît que lentement et n’étouffe pas le tout. D’ailleurs, les auteurs affichent une joyeuse roublardise, renvoyant dos à dos les hackers et les puissants – même parmi ces derniers règne une division assez piteuse. Des atouts identiques sont à mettre au crédit de la deuxième et dernière saison.

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