Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire

Roman

Zanzibar déserté par tous

Le passé colonial hante le beau roman d’Abdulrazak Gurnah

Genre: Roman
Qui ? Abdulrazak Gurnah
Titre: Adieu Zanzibar
Desertion
Langue: Trad. de Sylvette Gleize
Chez qui ? Galaade, 286 p.

Avec Adieu Zanzibar, Abdulrazak Gurnah élabore un récit complexe, en trois épisodes étroitement liés. En 1899, l’écrivain Martin Pearce échoue dans un port kenyan sous domination anglaise. Laissé pour mort par ses guides, il tombe amoureux de Rehana, la sœur de son sauveur. Dans la réprobation générale, il entretient une liaison avec cette belle veuve d’origine indienne. Un demi-siècle plus tard, à Zanzibar, cette histoire a des répercussions sur les vies de deux frères, Amin et Rashid. Amin aime Jamila, la petite-fille de Rehana, sur laquelle pèse encore la malédiction sociale. Rashid, lui, poursuit un destin personnel, émigre en Angleterre. Dans les années 1960, les secrets de famille se dissipent, dans la mort ou dans l’aveu, mais un apaisement mélancolique se dessine.

Le titre original, Desertion , peut se lire à bien des niveaux. Le colon anglais quitte le navire Afrique, sans se soucier de l’état dans lequel il laisse ses possessions, semble dire Abdulrazak Gurnah. Les hommes abandonnent les femmes, et surtout, les hommes blancs, les femmes indigènes. La nouvelle génération déserte le pays pour faire carrière à l’étranger. L’auteur, qui enseigne à l’Université de Kent, a, lui aussi, émigré à l’âge de 17 ans. Le ressentiment à l’égard de l’Angleterre, le trouble identitaire sont très présents dans ce récit savamment construit. La parole appartient le plus souvent à Rashid, qui s’adresse au lecteur dans une grande proximité. Il donne aussi à lire les carnets d’Amin. «Il y a, vous le voyez, un je dans cette histoire, mais je n’en suis pas le sujet. C’est une histoire sur nous tous, Farida et Amin, nos parents, Jamila. Elle dit que chaque histoire en contient beaucoup d’autres, et qu’elles ne nous appartiennent pas mais se confondent avec les aléas de notre époque, qu’elles s’emparent de nous et nous lient à jamais.»

Publicité
Publicité

La dernière vidéo culture

Le performeur Yann Marussich se fait imprimer Le Temps sur le corps

Un soir à la rédaction du Temps. La salle de réunion est transformée en labo photo géant éclairé de rouge. Au milieu de la pièce, l'artiste Yann Marussich, rendu photosensible. Sur son corps nu se développent des titres du «Temps». 60 spectateurs assistent à l'expérience qui dure 45 minutes.

Le performeur Yann Marussich se fait imprimer Le Temps sur le corps

n/a
© Arnaud Mathier/Le Temps