Francisco Lopez, alias Flóp, est un solitaire. On le savait depuis le Désordre, premier album sorti il y a deux ans. Pour confectionner cette exemplaire seconde livraison, treize titres (dont trois instrumentaux), le sémillant dandy à lunettes ne s'est donc logiquement appuyé que sur le seul Etienne Jaumet. Ensemble, les deux hommes ont dessiné une structure musicale conjuguant austérité minimaliste et envies sonores panoramiques. Au générique, une ribambelle d'instruments qui vont de l'attirail le plus classique – basse, guitare, saxo, claviers – au fourbi le plus improbable. Didjeridoo, cruche, wah-wah buccale, dictaphone, ligne de métro (Ballard-Créteil) et stylo Mont-Blanc sont ainsi crédités au fil des morceaux. Bidouilleur nonchalant mais génial, Flóp impose autour de ce gourmand papillonnage une écriture biscornue, malicieuse et parfois perverse, qui lui permet de se distinguer du tout-venant des minimalistes aujourd'hui à la mode. Entre pop de boudoir, ballades automnales et bossa éraillée, la variété des motifs mis en œuvre serait propre à donner le tournis, n'était ce «je ne sais quoi» qui donne sa cohérence et son parfum à l'ensemble. Une vraie réussite, pour une Rechute qu'on pressent contagieuse.