Il s’appelait Hans Himmelheber. C’était un explorateur, ethnologue et collectionneur au long cours, qui sillonna le Congo à l’aube de la Deuxième Guerre mondiale. Aujourd’hui, son nom resterait l’apanage des seuls ethnologues et africanistes si les curateurs de l’exposition Fiction Congo n’avaient décidé de faire de son travail le fil rouge d’un parcours qui interroge l’identité culturelle de cet Etat d’Afrique orientale. Multipliant les visions, ce puzzle géant a installé ses quartiers au Musée Rietberg de Zurich.

Les pièces de ce jeu de regards créatif sont signées Sammy Baloji, Chéri Samba, Michèle Magema, Monsengo Shula, David Shongo, Sinzo Aanza… Ils sont parmi les artistes les plus en vue du Congo actuel. Aujourd’hui, sans l’apport de Hans Himmelheber, ils ne seraient probablement pas entrés dans l’un des hauts lieux européens des arts traditionnels. Ainsi se tissent et se regardent les relations compliquées entre colonisateurs et ex-colonisés.