Photobastei remet ça

Zurich 1200 m2 pour la photographie

Le lieu avait ouvert pour huit mois en 2014. Photobastei 2.0 a été inauguré jeudi soir à Zurich. Après un immeuble de sept étages loué à un milliardaire allemand en attendant réfection, c’est une bâtisse prêtée par la Ville dans le Kreis 5 qui fera cette fois office de scène pour la photographie. «Il manquait vraiment à Zurich une vitrine pour son immense activité photographique, note Romano Zerbini, initiateur du projet et organisateur du Swiss Photo Award depuis dix-sept ans. L’idée principale reste celle de la flexibilité. Nous adaptons l’espace aux besoins des expositions et des photographes.»

Le concept est le même que l’an dernier: les 1200 m2 sont loués aux artistes, écoles, éditeurs et autres musées pour 5 à 7 francs le mètre et pour une durée minimale de onze jours. Les surfaces disponibles vont de 3 à 90 mètres pour une hauteur de 2,5 mètres. Le coût minimum pour une exposition (onze jours sur 3 mètres de mur blanc) revient donc à 165 francs. Un tarif a priori accessible mais un principe critiqué par certains photographes au vu des coûts de production déjà élevés. «La location des espaces vise à rembourser le loyer et payer l’équipe, l’association ne vise pas le profit», assure Photobastei. Un comité sélectionne les dossiers afin de garantir la qualité des participants. Romano Zerbini espère toucher au-delà de ­Zurich, plusieurs photographes allemands se sont déjà inscrits.

Réfugiés dans l’objectif

Une plus grande exposition, concoctée par Photobastei, complète le dispositif: Willy Spiller ouvre le bal jusqu’au 4 octobre. Suivra une présentation du travail de l’UNRWA, l’agence des Nations unies œuvrant pour les réfugiés palestiniens. Des conférences, ateliers ou lectures de portfolios sont également au programme.

L’an passé, en huit mois, 462 artistes avaient présenté leur travail à plus de 100 000 visiteurs. Photobastei se réjouit de pouvoir rester pour trois ans au moins, en attendant que l’avenir de la bâtisse ne soit tranché par les autorités.