Slalomant dans le flux automobile, les coursiers de Vélocité filent comme des éclairs orange sur le bitume, ivres de «liberté paradoxale». Ces électrons libres ont l'impression de voler. Mais, klaxonnés, stressés par les horaires, fouettés par le blizzard, ployant sous les colis, c'est une rude activité à laquelle ils s'adonnent. Pour son premier film, Frédéric Favre plonge dans cette communauté méconnue de casse-cous sur deux roues, à la fois fiables et marginaux, et révèle certains de leurs rituels. Il se concentre sur deux personnages, Caroline, qui rêve de devenir journaliste, et Raphaël, qui rêve de partir au Canada. Sans doute un peu long, desservi par une mauvaise qualité du son, Cyclique se rattrape par l'originalité de son sujet, l'humanité de ses portraits et une vision vertigineuse de Lausanne la très escarpée.