Aller au contenu principal
Le conseiller d'Etat socialiste Pierre-Yves Maillard.
© Laurent Gilliéron/KEYSTONE

Vaud

Une succession Maillard pas si simple

Une élection de Pierre-Yves Maillard à la tête de l’USS ouvrirait une ère d’incertitudes dans le canton. Si le Parti socialiste compte de nombreux talents capables de lui succéder, aucun nom ne s’impose

Une éventuelle élection de Pierre-Yves Maillard à la tête de l’USS en cours de législature serait tout sauf anodine pour le canton de Vaud. Au Conseil d’Etat depuis seize ans, le socialiste demeure la figure tutélaire de son parti, le PSV, et l’un des artisans du fameux compromis à la vaudoise, avec le PLR Pascal Broulis. «Son départ sera difficile à gérer pour sa formation, confirme l’historien Olivier Meuwly. Le moment sera délicat. C’est toujours le risque quand un politicien aussi populaire, ayant occupé si longtemps le terrain, s’en va.»

Lire l'article lié: Direction de l'USS: deux femmes pour barrer la route à Pierre-Yves Maillard

Et ceci même si le duo Maillard-Broulis est moins influent que par le passé, le premier ayant laissé la présidence du gouvernement à sa collègue Nuria Gorrite et le second étant sorti affaibli par les affaires entourant sa situation fiscale.

«Bilan politique exceptionnel»

Chez les socialistes vaudois, on affiche au contraire un solide enthousiasme. «Ce serait une chance exceptionnelle pour notre parti et pour notre canton que l’un d’entre nous accède à la présidence de l’USS», insiste Jessica Jaccoud, présidente du PSV. La députée se montre confiante en une éventuelle élection complémentaire: «Pierre-Yves Maillard laisse un bilan politique exceptionnel. De plus, je ne vois pas les électeurs vaudois défaire une majorité de gauche qui a fait ses preuves toutes ces dernières années.»

Derrière le discours officiel, certains à l’intérieur du parti se montrent néanmoins plus prudents. «Ce sera tout sauf simple», prédit un élu. Si le parti compte de nombreux ténors, ces derniers voudront-ils se lancer dans cette complémentaire, si près des élections fédérales? Il est très peu probable que Grégoire Junod, longtemps présenté comme l’héritier de Pierre-Yves Maillard, lâche la syndicature de Lausanne. Difficile également d’imaginer Géraldine Savary, qui a la prestigieuse présidence du Conseil des Etats en ligne de mire, ou Roger Nordmann, influent chef de groupe au Conseil national, quitter la Berne fédérale. Quant à Jean Christophe Schwaab, il s’est retiré de la politique il y a moins d’une année pour des raisons familiales.

La question des femmes

Parmi les noms encore souvent cités, on retrouve ceux de trois femmes lausannoises, la municipale Florence Germond, ainsi que les deux parlementaires fédérales Rebecca Ruiz et Ada Marra. De très bonnes candidatures, mais qui pourraient être prétéritées par le fait qu’il y a déjà trois femmes de gauche au Conseil d’Etat. «Les deux dernières élues du PS, Nuria Gorrite et Cesla Amarelle, s’étaient finalement imposées comme des candidates naturelles», observe encore Olivier Meuwly.

Pour l’historien, aujourd’hui, il n’y a pas de successeur incontournable à Pierre-Yves Maillard. «Et le PS n’a pas le choix, note encore un fin observateur de la vie politique vaudoise, lors d’une complémentaire dans un canton structurellement à droite, il doit lancer une personnalité de premier plan.»

Publicité
Publicité

La dernière vidéo suisse

Des gilets à 3000 francs pour l'armée suisse? Le débat divise le parlement

Le Conseil national a refusé de suivre l'avis du Conseil des Etats. Celui-ci voulait réduire de moitié la facture des nouveaux gilets de l'armée suisse. Il a été convaincu par les arguments du chef du DDPS, Guy Parmelin. La question reste donc en suspens.

Des gilets à 3000 francs pour l'armée suisse? Le débat divise le parlement

n/a