Décès de Jean de Toledo, apôtre genevois de l’auto

Genève Départ d’un centenaire dynamique

Genève vient de perdre son plus célèbre centenaire et, peut-être, le plus alerte. Jean de Toledo est décédé mardi, six mois après avoir célébré son centième anniversaire. L’ancien patron des Pharmacies Principales et député radical au Grand Conseil aura marqué sa ville, surtout comme défenseur de la voiture. «C’est à lui que Genève doit le parking sous-lacustre du Mont-Blanc, souligne l’ancien conseiller national John Dupraz qui a siégé avec lui au parlement cantonal. C’était son idée. Il a mis dix-sept ans à la réaliser, ce qui illustre sa ténacité. C’était un battant, un homme extraordinaire.»

Le mot est lâché et il revient dans la bouche de tous ceux qui ont connu Jean de Toledo: l’homme sortait de l’ordinaire par sa vivacité. «C’est un phénomène de longévité et de dynamisme, note l’ancien directeur de la Fédération des entreprises romandes, Michel Barde. On le croyait éternel! Sa passion incroyable pour Genève, sa volonté d’entreprendre l’ont animé tout du long.» Sa famille ne dément pas, soulignant dans son faire-part que le disparu a encore skié cet hiver et fourmillait de projets. L’infatigable retraité militait notamment pour une extension du parking sous-lacustre aux Eaux-Vives, un projet écarté en novembre par le Conseil d’Etat. Il avait administré le parking du Mont-Blanc jusqu’en juillet 2011 et avait aussi défendu la traversée de la rade.

Ouverture

Malgré ce profil, l’homme a su séduire au-delà de ses rangs. Présidente des Verts genevois, Emilie Flamand raconte avoir été invitée à plusieurs reprises par cet apôtre de l’automobile: «Cet homme attachant, ouvert, plein d’énergie, aimait rencontrer des gens avec qui confronter ses opinions et cela semble lui avoir réussi, remarque la jeune députée. Nos visions de la mobilité divergeaient, bien sûr. La voiture était un miracle pour lui qui, petit, avait vu les Pharmacies Principales effectuer leurs livraisons à cheval. Je peux comprendre ce point de vue de la part de quelqu’un de son âge.»