Bonne nouvelle pour Didier Burkhalter: la pression monte en faveur d’une réforme du gouvernement. Le National a adopté tacitement jeudi une motion du Conseil des Etats demandant au Conseil fédéral de présenter un nouvel organigramme sans attendre.

Le hasard du calendrier fait que l’auteur de l’intervention a été élu conseiller fédéral la veille du débat. Didier Burkhalter pourra donc lui-même participer à l’élaboration des réformes qu’il appelle de ses vœux. Le Neuchâtelois prône une refonte complète des départements et un renforcement de la présidence de la Confédération.

Sa motion fixe comme délai pour la présentation d’un projet le prochain programme de législature, soit fin 2011. Mais les choses pourraient aller plus vite. Le Conseil fédéral a en effet chargé il y quelques semaines les services d’Eveline Widmer-Schlumpf et la Chancellerie de lui concocter une réforme d’ici au printemps prochain.

Longtemps réticent à prendre les devants, le gouvernement songe désormais à prolonger la durée de la présidence de la Confédération, limitée actuellement à un an. Cette fonction pourrait en outre être couplée à celle de chef du Département fédéral des affaires étrangères. Une telle situation prévalait déjà au XIXe siècle ainsi qu’au tout début du XXe, avant d’être abandonnée.

Une prolongation de la durée de la présidence impliquerait de modifier la Constitution et donc de faire voter le peuple. Pour le reste, le projet devrait se limiter à des propositions n’impliquant pas de transformation fondamentale des institutions. Il s’agirait par exemple de recourir davantage au sein du Conseil fédéral aux débats de principe et aux discussions sur les sujets importants.