Il est vraiment facile de taper sur notre ministre des Affaires étrangères à coups de questions sur son voile à Téhéran, et maintenant sur son propos de dialogue avec tout le monde y compris M. Ben Laden (LT du 27 août): on l'a bien fait encore récemment avec un certain Milosevic, après l'avoir fait avec Franco, Salazar, Staline ou un autre Adolf austro-germain.

Et si l'on regardait les gens dans une autre perspective: dialoguer avec Ben Laden - pour autant qu'il soit encore vivant - peut aussi aboutir à le faire réfléchir autrement, par exemple en considérant que la mort d'un être vivant est contraire à la volonté du Prophète... Et si Ben Laden soudain décidait de changer de mot d'ordre, et qu'il demandait à ses admirateurs de cesser de taper dans le tas. Est-ce que cela ne serait pas plus pacifique que de le «napalmer» dans une grotte afghane, ce qui exciterait des centaines de candidats aux attentats-suicides pour le venger?

Comme on ne peut pas tellement reprocher à Mme Calmy-Rey les succès diplomatiques qu'elle obtient, on attaque ses mots, sa coiffure ou ses souliers. Cela montre assez bien où se trouve la conscience politique dans mon beau pays.