Durban II est le triste révélateur de l’absence de vision commune des Etats membres de l’Union européenne. Plusieurs Etats – l’Italie, les Pays-Bas, l’Allemagne et la Pologne – ont décidé au dernier moment et unilatéralement de boycotter le sommet sur le racisme de Genève. C’est d’autant plus surprenant que dans un communiqué, la Commission européenne souligne que le projet de déclaration finale de la conférence, qui a justifié le retrait de certains pays européens, ne contient aucun paragraphe relatif à la diffamation des religions, une notion que les Occidentaux considèrent comme une atteinte inadmissible à la liberté d’expression. Le texte ne contient pas non plus d’éléments antisémites.

Unité de façade contre l’Iran

A la suite du discours du président iranien, la République tchèque, qui occupe la présidence tournante de l’UE, a annoncé qu’elle se retirait définitivement de Durban II. «Nous ne pouvons pas permettre de légaliser par notre présence des attaques anti-israéliennes totalement inacceptables», a déclaré l’ambassadeur tchèque auprès de l’ONU à Genève, Thomas Husak.

Hier, les Européens ont toutefois présenté un semblant d’unité en quittant tous la salle lorsque Mahmoud Ahmadinejad a commencé à fustiger Israël et l’Occident. Ambassadeur de France aux droits de l’homme, François Zimeray est très critique: «Il était inacceptable que le président iranien utilise la tribune de l’ONU à des fins politiques. Nous refusons qu’Israël soit le bouc émissaire des malheurs du monde.» En dépit de ce coup de gueule, 22 Etats européens ne se retirent pas de Durban II. «La France croit toujours au dialogue et au multilatéralisme», poursuit François Zimeray.

Facilitateur lors des négociations pour la préparation d’une déclaration pour la Conférence d’examen de Durban, le Russe Youri Boychenko est très sévère: «L’Union européenne est divisée. Le retrait de certains de ses membres est un coup dur pour l’UE dont la crédibilité est remise en question. Je regrette personnellement la campagne de désinformation sur la conférence et sur le projet de déclaration.»