«Je dois parfois rater des cours»

Marine, 5e année de licence en Lettres, Neuchâtel.

«Nous sommes quatre enfants, dont trois aux études - mes deux sœurs sont au lycée. Notre père ne peut verser qu'une faible pension. A cause de la différence d'âge avec mes sœurs, une coexistence pas toujours facile, je me paie le luxe d'un studio.

Au début de mes études, pendant un an, j'ai bénéficié d'une bourse de 4800 francs. Puis ma mère a repris des études, pour assurer un meilleur avenir à ses enfants. Comme elle a un CFC de secrétaire, l'administration a décidé qu'elle serait la seule à toucher une bourse. Au début, on s'est débrouillées, mais j'ai dû faire appel aux services sociaux de l'Université, qui peuvent faire un don pour payer les taxes, et qui m'ont financé quelques livres.

J'ai trois jobs, je fais des remplacements dans une école secondaire, je donne des cours de soutien et suis modèle dans une école d'art. Il est difficile de trouver des jobs qui n'empiètent pas sur les cours, j'en rate donc, parfois. Pour les séminaires, il arrive qu'il faille choisir entre l'attestation de présence ou un remplacement qui rapporterait un peu d'argent. Les débuts de semestres sont tendus, car la bourse arrive souvent des mois plus tard. Ma mère aura fini ses études l'année prochaine, et l'une de mes sœurs veut aller à l'EPFL. J'espère qu'elle pourra avoir une bourse.»

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