La droite portugaise a remporté les élections législatives de dimanche, selon des résultats quasi complets. «Notre victoire est incontestable», a assuré le premier ministre sortant Pedro Passos Coelho, chef du parti social-démocrate (PSD, centre-droit). Il s'est déclaré aussitôt prêt à former le nouveau gouvernement, associé à son partenaire minoritaire, le CDS (conservateur).

«La nouvelle composition du Parlement nous demande plus d'efforts à nous tous», a-t-il toutefois reconnu, tendant la main au parti socialiste, invité à négocier «des accords indispensables à la mise en oeuvre de réformes importantes».

Longtemps donnée perdante, la coalition de centre-droit a inversé la tendance dans les sondages au cours des dernières semaines, mais reste loin du score de 50,4% obtenu par la droite en 2011. Avec seulement 104 sièges sur les 230 que compte le Parlement monocaméral portugais, elle se trouve contrainte de former un gouvernement minoritaire.

Un parlement majoritairement à gauche

Et surtout, Pedro Passos Coelho n'a pas obtenu de mandat clair lui permettant de gouverner dans un contexte stable, car il devra désormais composer avec un parlement majoritairement à gauche, faute d'alliés potentiels à droite.

Dans la future assemblée, l'alliance gouvernementale disposera de 104 députés sur les 226 élus jusqu'ici, contre 85 au parti socialiste. Les quatre sièges restants, issus du vote à l'étranger, ne seront attribués que le 14 octobre.

Le bloc de gauche, formation apparentée au parti Syriza au pouvoir en Grèce, a créé la surprise avec un score historique de 10,2%, dépassant pour la première fois le parti communiste, allié aux Verts, qui remporte 8,3% des voix.

La gauche reconnaît sa défaite

Reconnaissant sa défaite électorale, le patron du PS António Costa a laissé entendre qu'il ne ferait pas pour l'instant obstacle à la formation d'un exécutif minoritaire de Pedro Passos Coelho. «Le PS ne contribuera pas à une majorité de blocage si elle n'est pas en mesure de proposer une alternative crédible de gouvernement», a-t-il tranché.

«Les bons résultats du bloc de gauche vont contraindre les socialistes à durcir leurs positions face au gouvernement, ce qui n'est pas de très bon augure pour la stabilité politique à moyen terme», a commenté Antonio Barroso, cadre dirigeant de Teneo Intelligence, un cabinet de consultants installé à Londres.

Sans illusion, les électeurs se sont ainsi résignés à reconduire l'alliance gouvernementale, qui a sorti le Portugal du gouffre financier au prix d'une sévère cure d'austérité, mais ont refusé de lui donner un chèque en blanc. Le manque d'enthousiasme s'est traduit d'ailleurs par un taux d'abstention record de 43,1%, contre 41,9% en 2011.

Elu en juin 2011, Pedro Passos Coelho, 51 ans, un centriste libéral, avait pris les rênes d'un pays au bord du défaut de paiement. Son prédécesseur, José Socrates, venait alors de solliciter une aide de 78 milliards d'euros de l'Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI).

Reprise économique

Aujourd'hui, après un plan de redressement draconien, le Portugal connaît une reprise économique, certes, encore fragile, mais le taux de chômage est en baisse. Le président portugais, Anibal Cavaco Silva a désormais la charge de désigner le nouveau premier ministre après consultation des dirigeants politiques du pays, ce qu'il devrait commencer à faire dans les jours à venir.

Depuis l'avènement de la démocratie en 1974, le Portugal a connu plusieurs gouvernements minoritaires, de gauche comme de droite, mais un seul est arrivé au terme de son mandat.