"Nous avons payé le même prix qu'en avril", a précisé jeudi devant les médias à Zurich Xavier Rossinyol, chef des finances de Dufry. Le groupe bâlois est actif dans le commerce de détail hors taxe avec 450 enseignes dans les aéroports, sur les bâteaux de croisière, dans les ports et autres endroits touristiques.

La totalité des actions de Hudson représentent une valeur de 446 millions de dollars. Dufry reprend aussi les dettes de 390 millions de dollars du groupe américain. La valeur de celui-ci atteint désormais 836 millions de dollars.

En contrepartie, les propriétaires de Hudson touchent 5,1 millions d'actions Dufry. La société de participations américaine Advent International, propriétaire de Hudson, détient ainsi presque la majorité de Dufry: après l'échange et la conversion de leur participation dans Hudson de 68,9% en actions Dufry, Advent détiendra 47,6% du groupe bâlois.

Autorités de concurrence

La transaction est soumise à l'autorisation des autorités de la concurrence. "Cela devrait être une formalité", selon Xavier Rossinyol.

Hudson possède 540 magasins aux Etats-Unis et au Canada, dont 400 sont des kiosques. Le groupe exploite aussi des librairies, des magasins de jouets et des boutiques de luxe. Son chiffre d'affaires avait progressé de 536 à 666 millions de dollars en 2007.

Après l'acquisition, Dufry comptera quelque 1000 commerces dans 137 aéroports. Les chiffres d'affaires 2007 cumulés des deux entreprises totalisent près de 2,6 milliards de francs. Le nombre de collaborateurs de Dufry passe de 4800 à 11 900.

20 millions d'économies

Les synergies et les économies possibles grâce au rachat devraient atteindre 20 millions de francs ces deux prochaines années. "Grâce à Hudson, nous aurons de nouvelles marques dans notre assortiment et bénéfierons de meilleures conditions d'achat grâce aux volumes", s'est félicité Julian Diaz, directeur général de Dufry.

"Ensemble, nous serons leader dans notre domaine en Amérique du Nord et du Sud", a précisé le directeur général. Dufry va en outre reprendre le modèle d'affaires de Hudson sur son propre réseau.

Dufry prévoit d'autres acquisitions. Sept noms figurent sur sa liste d'achats, mais M. Diaz n'a pas voulu les dévoiler.

Dépendance au marché américain

Pour refinancer les dettes de Hudson et sa propre dette bancaire, Dufry a conclu une ligne de crédit de 1,25 milliard de francs auprès d'un consortium de cinq banques (Banco Santander, BNP Paribas, ING, Raiffeisen et Royal Bank of Scotland). "Ce refinancement nous donne la souplesse nécessaire pour poursuivre nos objectifs de croissance", indique Dufry.

L'annonce du rachat n'a pas plu aux investisseurs. Le cours de l'action n'a cessé du chuter durant la matinée, avec un plus bas à 71,90 francs (-11,1%). En milieu d'après-midi, la baisse était de près de 10% à 73 francs, ce qui en faisait le plus grand perdant du jour.

Un analyste de Vontobel précisait certes comprendre le potentiel de l'internationalisation de Hudson. "Mais la forte dépendance au marché américain ralentira la croissance de Dufry", écrit la banque.