Le temps: Quelle est votre stratégie à l’égard des tiers gérants?

Nicolas Gonet: L’arrivée de nouveaux gestionnaires de clientèle s’est accompagnée de différents liens avec les tiers gérants. Nous n’avions pas de cellule dédiée à leurs besoins. Nous avons donc cherché une équipe spécialisée de trois personnes. Le potentiel est important parce que nous nous retrouvons sur l’essentiel avec les tiers gérants: indépendance, proximité avec la clientèle, pas de conflits d’intérêts sur le plan des produits. Et ils sont satisfaits de notre modèle après avoir été souvent délaissés dans des banques plus grandes. D’ailleurs – c’est très nouveau – des tiers gérants, eux-mêmes anciens banquiers, sont intéressés à rejoindre Gonet & Cie en tant que gérants. C’est le cas du propriétaire de Pierre Lombard Finance, qui commence chez Gonet & Cie le 1er janvier prochain, après avoir exercé pendant plus de 15 ans en indépendant.

– Est-ce que vous engagez de nouveaux gérants?

– Oui, bien sûr. Nous avons environ 25 gérants actuellement. Le modèle est très entrepreneurial et transparent: le gérant connaît immédiatement ses facteurs de succès. Nous cherchons des gérants sans segmentation particulière. Malheureusement beaucoup déclarent ne couvrir qu’un seul marché: c’est souvent le résultat de leur «formatage» dans une grande banque, et cela peut être malheureux pour eux parce que leur horizon paraît fermé. Notre préférence va plutôt vers des professionnels capables de développer une clientèle suisse ou internationalement diversifiée, et fiscalisée.

– Quelle a été la performance des clients de Gonet en 2011?

– Elle est forcément contrastée, dans un environnement particulièrement compliqué. Nous avons pu limiter les effets ravageurs de ce dernier en décidant très tôt de couvrir les risques de change. Les bourses ont été difficiles, notamment en Suisse, où nous sommes notablement investis.

– Quelle est votre allocation d’actifs?

– Nous avions beaucoup d’or et nous en avons encore environ 10%, ainsi que 10 à 15% de liquidités, en attendant de saisir les opportunités sur les actions. Car nous prévoyons de revenir progressivement dans cette classe d’actifs. Nous anticipons une reprise aux Etats-Unis, dans le sillage de l’année présidentielle, ainsi qu’en Chine. Beaucoup d’entreprises sont en effet très saines, suite notamment à des efforts de restructuration. C’est d’ailleurs assez déroutant de voir les cours de très belles sociétés baisser de façon considérable.

– Quel et votre scénario sur l’euro?

– La BCE a encore quelques atouts en main. Les eurobonds demeurent une éventualité intéressante. Il y a un sacrifice, assurément douloureux, à faire au plan budgétaire dans la plupart des pays. Au-delà de l’aspect monétaire cette crise sera peut-être – au sens employé par les Chinois – une véritable opportunité. J’espère aussi que cela marquera un retour à certaines valeurs traditionnelles, loin d’une quête absolue de surconsommation.

– Est-ce que vous voyagez vous-même, par exemple aux Etats-Unis?

– Je passe 80% de mon temps ici au boulevard du Théâtre. Si je voyage, c’est pour aller voir des clients, donc je ne vais pas aux Etats-Unis.

– Quelle est votre stratégie de marketing?

– En termes de marketing, il n’y a rien de tel que le bouche-à-oreille généré par les stakeholders, y compris et surtout les clients. En termes de communication à proprement parler, nous sommes partie prenante dans un bateau innovant qui devrait faire parler de lui, dans la région lémanique et au-delà, dès 2012.