Santé

14 000 patients ont reçu des produits potentiellement cancérigènes

Le scandale, décrit par la NZZ am Sonntag, qui concerne des anti-hypertenseurs contaminés par des substances nocives, souligne les difficultés de la surveillance de groupes globaux, en l'occurrence quand le principe actif provient de Chine 

Swissmedic, l'autorité de surveillance des produits thérapeutiques, a procédé à la mi-juillet au rappel de plusieurs anti-hypertenseurs auprès des pharmacies. Les médicaments contiendraient un risque de contamination au Valsartan, une substance potentiellement cancérigène, selon la NZZ am Sonntag.

D'après les estimations d'Intergenerika, l'association de la branche des génériques, 14 000 patients seraient touchés en Suisse. Beaucoup disposeraient de ces médicaments chez eux. En effet, le rappel des produits a été effectué auprès des médecins et des pharmacies, mais pas des patients. Swissmedic voulait éviter que ces derniers ne mettent subitement fin à un traitement sans en discuter avec leur médecin traitant. La liste des produits touchés est publiée par Swissmedic sur son site.

Une proportion moins élevée en Suisse qu'ailleurs

Des millions de patients seraient concernés par cette affaire dans le monde, dont 900 000 en Allemagne et 70 000 en Autriche. La proportion est nettement plus élevée dans ces pays qu'en Suisse en raison de leur politique d'incitation favorable aux génériques bon marché. Or les génériques sont de plus en plus souvent produits en Asie. La Chine serait même devenue le premier producteur des principes actifs des médicaments.

L'affaire souligne la difficulté pour les autorités de surveillance à contrôler une chaîne de production globale. Tous les producteurs des génériques incriminés sont des groupes occidentaux qui ont acheté la substance de base de leurs médicaments, le Valsartan, auprès du groupe chinois Huahai Pharmaceutical. Il est apparu que depuis 2012 on y aurait découvert un niveau élevé de Nitrosamines, des produits chimiques à fort potentiel cancérigène, écrit la NZZ am Sonntag. Les autorités européennes estiment qu'un cancer se développerait pour 5000 patients soumis à la dose la plus élevée de ces derniers.

D'autres médicaments également en cause

En Suisse, Novartis domine le marché des Valsartan, mais le géant pharma les fabrique uniquement en Suisse et en Irlande et non pas en faisant appel à des sous-traitants chinois. Cela explique aussi pourquoi le nombre de personnes potentiellement touchées est relativement modeste dans le pays. Le porte-parole du groupe bâlois s'attend à une plus forte demande pour ses propres produits, à la suite de cette affaire et se prépare, selon le journal zurichois, à accroître sa production. 

Les autorités américaines et européennes ont découvert des impuretés dans d'autres médicaments liés à deux autres producteurs de Valsartan, en Inde et en Chine, ajoute le journal alémanique. La Suisse ne serait, cette fois, pas concernée.

Les autorités américaines de la FDA avaient pourtant visité et autorisé de nouveaux modes de productions mis en place par Huahai. Ces changements seraient-ils liés à l'apparition de Nitrosamine? D'autres inspections de la FDA avaient été réalisées en 2016 et 2017 qui avaient alors constaté de graves lacunes. La NZZ am Sonntag note toutefois que le groupe chinois a vu huit de ses propres génériques autorisés à la vente aux Etats-Unis en 2017.  

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