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Les infrastructures de transport et stockage de pétrole constituent aujourd’hui un goulot d’étranglement, comme en atteste le différentiel de 10 dollars/baril entre le WTI Midland (zone de production) et le WTI Cushing (point de stockage et de…
© Nick Oxford / Reuters

Au cœur des marchés

14-18: la Grande Guerre… du pétrole

Les prix du baril remonteront dans les deux prochaines années, en contre-choc des sous-investissements récents. Positif pour les majors du pétrole et les acteurs des services pétroliers

Pas de méprise, nous parlons ici de… 2014-2018! C’est en effet à la fin de l’été 2014 que l’Arabie avait lancé sa Grande Guerre des prix contre les producteurs de pétrole de schiste américains. Si l’objectif de baisse des cours a été brillamment atteint (-55 dollars par baril en quelques mois), celui de la destruction des nouveaux venus a été manifestement raté. En battant en retraite pour adopter une approche de «gant de velours», l’OPEP – et la Russie – auront in fine permis, par les quotas, de retrouver des prix satisfaisant aux intérêts de chacun.

Mais l’événement est ailleurs. Durant ces quatre ans, les projets non essentiels ont été stoppés, les investissements annuels du secteur passant de 700 à 400 milliards de dollars, et les coûts drastiquement retravaillés. Le résultat? Un abaissement spectaculaire (de 80 à 45 dollars le baril) du prix requis pour générer un cash-flow positif chez les majors pétrolières. Les chiffres sont édifiants. Exxon, Chevron, Shell, Total et BP réunies (15 millions de barils/jour de production), qui avaient consommé 14 milliards de dollars de cash au premier trimestre 2016, ont généré un total de 9 milliards de cash au premier trimestre de cette année, confirmant une tendance engagée au second semestre 2017!

Goulot d’étranglement

L’OPEP et la Russie viennent de montrer que l’on pouvait raisonnablement tabler sur des prix équilibrés, voire de nouveau quasi régulés. Des prix qui seront poussés à la hausse dans les deux prochaines années, en contre-choc des sous-investissements récents. Cette réalité ne sera pas entravée à court terme par la production aux Etats-Unis: les coûts (salaires, transport, consommables, taxes d’importation) y remontent fortement, alors que les producteurs de pétrole de schiste, aussi hype soient-ils, incinéraient déjà 4 milliards de dollars de cash au dernier trimestre 2017 et les infrastructures de transport et stockage y constituent aujourd’hui un goulot d’étranglement. Le différentiel de 10 dollars/baril entre le WTI Midland (zone de production) et le WTI Cushing (point de stockage et de compensation) en atteste cruellement.

Dans ce contexte, les majors du pétrole conventionnel, dont les ratios de valorisation n’ont encore que partiellement intégré ce nouveau paysage, ressortent comme le premier vainqueur de cette Grande Guerre. En attendant le second: celui des services pétroliers. De l’exploration – les premiers signaux sont apparus dans la sismique – à l’ingénierie, où une reprise des commandes est déjà amorcée, et aux acteurs du forage offshore, encore délaissés et à des niveaux dépressifs en bourse.

Aucun investisseur ne devrait selon nous négliger le retour en grâce boursier à venir des survivants de la «Grande Guerre du pétrole» que sont les majors et les services pétroliers conventionnels et offshore…

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