Un groupe qatari, Barwa Real Estate, injecte de l'argent dans le portefeuille hôtelier de Rosebud, ex-groupe Richemond. Les deux sociétés ont créé une coentreprise à parts égales, qui valorise les cinq hôtels suisses et deux belges à hauteur de 300 millions de francs. La société du Qatar, cotée à la bourse de Doha, amène 150 millions de francs. Cette somme permettra de concrétiser les nombreux projets de rénovations du parc hôtelier de Rosebud, qui n'ont jamais pu être réalisés.

Dans son portefeuille suisse figurent le Bürgenstock et le Waldhotel, palaces des bords du lac des Quatre-Cantons, l'Atlantis à Zurich, mais surtout le fameux Schweizerhof de Berne et le Royal Savoy à l'avenue d'Ouchy à Lausanne. Les travaux devraient débuter cet été et les hôtels pourraient à nouveau être opérationnels en 2010, a annoncé le groupe contrôlé en majorité par la famille française Descours (groupe André) et dont la holding est basée au Luxembourg. Quelque 350 millions seraient à disposition.

Cette collaboration donne de l'espoir au Schweizerhof à Berne et pourrait mettre un terme à un feuilleton que les Bernois commençaient à trouver saumâtre. Ainsi, à fin 2004, il était question de fermer l'hôtel pour rénovation. Projet abandonné en avril 2005. Ensuite, ce sont des bureaux qui auraient dû remplacer la vénérable institution. En septembre 2006, c'est un nouveau plan de rénovation qui jaillissait, dont le début des travaux se fait toujours attendre.

Cinq-étoiles au Royal Savoy

Autre serpent de mer, le Royal Savoy à Lausanne. Dans un premier temps, on parlait de transformer le quelque peu vétuste hôtel quatre étoiles en une résidence de luxe, avec une trentaine d'appartements. L'an passé, des rumeurs circulaient sur sa montée en gamme, pour devenir le troisième palace de Lausanne. «C'est cette variante cinq étoiles qui est désormais arrêtée», confirme Pierre Buyssens, responsable des projets chez Rosebud. Pour Barwa, il s'agit d'un placement à moyen terme. A l'issue des différents travaux, la société cherchera à sortir de la coentreprise en cédant sa part à un groupe tiers. Rosebud, à l'origine, avait eu pour objectif de rénover et d'exploiter ses hôtels. Le ralentissement conjoncturel dès 2001 et le coût des travaux ont eu raison de ce projet. En 2003, Richemond était à vendre en bloc pour un montant estimé à 400 millions.