En 2002, 529 sociétés provenant d'autres cantons ou de l'étranger se sont installées dans le canton de Zurich, alors que 635 firmes le quittaient. Le solde négatif était de 106, dont 47 pour la ville. Cependant, le total du capital déclaré au registre du commerce a continué à augmenter, comme les années précédentes, ce qui indique que ce sont principalement de petites entreprises qui sont parties, et des firmes plus importantes qui se sont établies. A l'intérieur du canton, le mouvement des entreprises de la ville vers la périphérie s'est poursuivi, inexorablement.

L'office statistique du canton de Zurich vient de publier une étude portant sur six ans, d'où il découle que le solde des départs et arrivées depuis 1997 est de –382. Toutefois, le total des sociétés enregistrées a augmenté dans le même temps de 9500 unités, à 76 403, du fait de nombreuses créations d'entreprises (généralement de très petite taille et à faible capitalisation). Malgré la prépondérance des départs, le capital annoncé au registre du commerce s'est lui aussi accru d'environ 2,5 milliards de francs depuis 1997.

72% des transferts de sièges ont eu lieu avec les cantons voisins: cela confirme pour l'essentiel la réalité d'un espace économique zurichois élargi («Greater Zurich Area»). Un quart des arrivées et départs concerne Zoug, 16% ont eu lieu avec l'Argovie, et 11% avec Schwyz. Si le solde zurichois est négatif avec ces cantons-là, il a été positif avec Schaffhouse, Berne, Nidwald, le Valais, Bâle-Ville et la Thurgovie.

Etant donné les avantages fiscaux bien connus de Zoug et de Schwyz, on note avec un certain étonnement que l'arrivée de capitaux en provenance de ces cantons prédomine nettement sur les départs. Plus des trois quarts du solde positif de 2,5 milliards de francs pour Zurich proviennent de ces deux cantons. Le transfert en 2002 des «Visions» de Martin Ebner (1,27 milliard de francs) de Schwyz en ville de Zurich a fortement contribué à ce solde positif, mais ne l'explique que très partiellement. Les auteurs de l'étude notent d'ailleurs qu'une comparaison de l'ensemble des transferts avec les charges fiscales respectives des divers cantons en cause indique clairement que la fiscalité n'est pas l'unique élément pris en considération par les sociétés.

L'interprétation des données est difficile, faute d'indications spécifiques sur les activités des sociétés déménageuses. Du côté de la promotion économique cantonale, on se contente de préciser que ce sont surtout des sociétés de services et des entreprises actives dans les sciences de la vie (biotechnologie, notamment) qui se sont établies. Les services statistiques de la ville de Zurich, eux, notent que c'est précisément dans les entreprises de services aux entreprises que le solde négatif du canton est le plus prononcé.

Loyers urbains et impôts communaux trop élevés

Pendant la même période 1997-2002, la ville de Zurich a perdu plus de 1000 sociétés, dont 195 en 2002. Environ 400 d'entre elles se sont établies dans les communes aujourd'hui agglomérées à la cité et faisant figure de faubourgs; près de 220 ont élu domicile un peu plus loin, toujours dans le canton. Plus de 380 sièges ont été transférés dans d'autres cantons, respectivement à l'étranger. Selon les études spécialisées, le mouvement vers la périphérie a en premier lieu des raisons économiques: les loyers urbains et les impôts communaux sont plus élevés que ceux des communes environnantes, où de nombreux immeubles commerciaux ont été construits au cours des dernières années.

Si la cité perd régulièrement des sièges de sociétés, la situation est toute différente pour le capital enregistré, qui ne cesse d'augmenter. Malgré son solde négatif de 1009 entreprises, les six années examinées présentent un bilan positif de 1,6 milliard de francs au registre du commerce de la ville.