Edipresse, deuxième groupe de presse helvétique derrière Ringier, poursuit son développement à l'étranger. Le chiffre d'affaires réalisé hors de Suisse a représenté 38,7% du total en 2003, contre 33,6% un an auparavant. Au total, les revenus ont atteint 804 millions de francs, soit presque 100 millions de plus qu'en 2002, augmentation due à plusieurs rachats importants: le groupe Corbaz en Suisse (près de 50 millions de chiffre d'affaires), Focus Ediciones en Espagne et Konliga en Russie. A périmètre constant, le chiffre d'affaires a diminué de 1,2%, et la publicité de 4,8%.

Une concurrence accrue

Quand verra-t-on le bout du tunnel publicitaire que traverse la presse depuis 2001? Peut-être au second semestre 2004, espère Tibère Adler, directeur des publications suisses, en constatant que l'indice Publicitas s'est stabilisé en mars après avoir atteint un creux historique. Seul titre suisse du groupe à naviguer allègrement à contre-courant, Le Matin a engrangé 12,3% d'annonces en plus l'an dernier et gagné de nouveaux lecteurs. Nonobstant cette performance, le recul publicitaire d'Edipresse Suisse se chiffre à 3,2% en 2003.

Si le marché suisse est saturé, le monde lui-même n'est pas infini. L'autre défi auquel doit faire face le groupe est la pression globale sur les marges causée par la multiplication de magazines dans la plupart des pays. Un phénomène auquel Edipresse contribue d'ailleurs efficacement. En Espagne, il vient de lancer – avec succès – le titre FHM à plus de 300 000 exemplaires et y ajoutera prochainement une version locale de In Style. Après douze ans de présence dans la péninsule Ibérique, le groupe y réalise un chiffre d'affaires global supérieur à 300 millions de francs et y est N° 1 de la presse magazines.

Les résultats sont plus contrastés sur les marchés est-européens. En Pologne, les revenus ont progressé de 7,2% en monnaie locale, mais diminué de 3,1% en francs suisses. En Russie, grâce au rachat de 52% du capital de la société Konliga qui édite une vingtaine de titres, Edipresse vise un objectif encore modeste pour 2004 – une dizaine de millions de francs de revenus. En Roumanie, le groupe détient, à travers sa participation de 30% dans Romanian Publishing Group, une position de leader dans les magazines et estime qu'après dix ans de réformes avortées, le pays est mûr pour une vraie croissance.

L'année en cours ne sera pas marquée par des acquisitions aussi importantes que celles réalisées en 2003, la progression du chiffre d'affaires sera donc moindre. Sur le plan financier, d'importants amortissements de goodwill (11,8 millions), concernant notamment la Pologne, pèsent sur le résultat net du groupe, qui recule de 13,5 à 11,8 millions de francs.