«Encore une année favorable aux actions», affirme Jacques Chahine, fondateur de JCF Group, la firme parisienne récemment rachetée par l'américaine FactSet. Car les attentes ne réservent apparemment que du rose. Ainsi, les taux longs ne grimperont pas trop aux Etats-Unis (4,5%), ni dans la zone euro (2,92%). Le chômage restera stable, autour de 5% aux Etats-Unis et de 8,4% dans la zone euro. L'inflation sera maîtrisée, reculant en Europe. Le baril de pétrole, face aux risques géopolitiques (Iran, Venezuela), pourrait bien grimper de 10% en 2006, mais il devrait retomber de 10% déjà en 2007, estime FactSet.

Quelques ombres au tableau, tout de même: le creusement de la balance courante des Etats-Unis, à 832 milliards de dollars, et le recul du dollar face à l'euro (1,25) et face au yuan chinois (7,74). Mais, là aussi, pas d'effondrement au programme. La consommation américaine, qui représente 70% du PIB, va peser sur la croissance mondiale au deuxième semestre.

Mais les bénéfices des entreprises resteront soutenus, à 9% en Europe (DJ Stoxx 600) et à 13% aux Etats-Unis (S & P 500). Les Bourses européennes restent encore abordables, alors que la rentabilité financière des entreprises du Vieux Continent converge avec celle des Etats-Unis. Quant au marché américain, son attrait est principalement lié à sa forte composition en valeurs technologiques. Le Nasdaq gagne 4,6% depuis le début de l'année, contre 1,75% pour le Dow Jones. «On va vers un marché favorisant les valeurs de croissance, aux Etats-Unis et en Europe», affirme Jean-Luc Buchalet, chef stratégiste de FactSet.

Les petites capitalisations, qui battent les grandes depuis 1999, resteront les vedettes en 2006. Malgré leurs ratios cours/bénéfices élevés, elles recèlent de «petites pépites», parmi lesquelles les futurs Google, selon Jacques Chahine.

Mais il ne faut pas sous-estimer l'impact des changes, met en garde Jean-Luc Buchalet. Ainsi, le redressement du dollar en 2005 explique largement la surperformance de l'Europe et du Japon face aux Etats-Unis. A présent, la hausse de l'or, indicateur avancé de l'évolution du dollar, signale un recul prochain du billet vert. Les actions d'Europe devront donc faire sans le soutien de la monnaie américaine.