Consensus de l’isag

En 2014, les bonnes surprises pourraient venir de l’Europe

Vers une reprise de l’économie mondiale après trois années de croissance atone

Un vent d’optimisme «mesuré» animait les stratégistes d’investissement de l’ISAG, réunis exceptionnellement au CERN fin novembre à l’occasion d’un tour de table consacré aux politiques monétaires et aux potentiels de croissance pour 2014.

Facteur de soutien pour certains, frein à la croissance pour d’autres, les politiques monétaires continueront à cristalliser toutes les attentions dans un environnement encore dominé non seulement par la dette, mais aussi par la croissance globale et les risques de déflation. Si les politiques monétaires seront encore sur le devant de la scène, leur efficacité à redynamiser la croissance est inégale mais elles offriront un faisceau d’opportunités en 2014.

La potentielle politique de réductions de liquidités par la Fed en 2014 aura pour certains une incidence très faible voire nulle sur la croissance économique aux Etats-Unis. L’attention des investisseurs se portera toutefois sur les nouvelles macroéconomiques, qui s’interpréteront en fonction du risque de «tapering» aux Etats-Unis. Des corrections de marché sont donc possibles en cas de croissance trop forte ou trop décevante.

Les bonnes surprises pourraient venir de l’Europe en 2014, suite à une politique monétaire plus arrangeante et à un flux de liquidités venant des acteurs de marché qui reverraient à la hausse leur sous-pondération à la zone euro. En effet, la menace de déflation pourrait pousser la BCE à être plus accommodante, malgré des tensions avec la Bundesbank. Certains parient sur l’Allemagne en 2014. Ce thème s’exprime à travers tout secteur et/ou pays exposé à la dynamique allemande.

L’économie du Japon pourrait continuer à bien performer en 2014, stimulée par une politique monétaire de la Banque du Japon (BoJ) œuvrant pour un taux de change favorable aux exportations et pour un objectif d’inflation à 2%. Certains avis sont néanmoins plus nuancés, voire totalement négatifs sur une croissance artificielle qui placerait le Japon dans un environnement risqué.

Les politiques monétaires en Europe et aux Etats-Unis auront un effet sur le marché obligataire. Certains anticipent un environnement de hausse des taux modérée, et sans risque d’injection brutale de liquidités. Les rendements obligataires devraient être faibles en 2014, mais les stratégies à faible duration, et donc moins corrélées à la remontée des taux, pourraient avoir un intérêt, notamment sur le marché des émergents. L’intervention de la banque nationale du Brésil pour éviter une dépréciation du real en est un des meilleurs exemples et offre un signal positif sur le marché du crédit brésilien, qui pourrait s’apprécier.

Les investisseurs à la recherche de rendements pourraient également porter leur attention sur des actifs moins liquides ou prendre davantage de risque de crédit.

L’année 2014 pourrait être une année de croissance synchronisée ou de reprise de l’économie mondiale après trois années de croissance atone. Reste à savoir si nous sommes dans un scénario à la 2006-2007 ou proche de 2004? Attention cependant au risque de corrélation positive entre les classes d’actifs, et donc à une réduction – même de courte durée – de la diversification dans les portefeuilles. Enfin, il est recommandé de rester prudent face aux valorisations élevées des actifs. Il est fort probable qu’en 2014, les investisseurs seront plus sélectifs du point de vue du choix de titre, ainsi que de celui de l’allocation géographique.

* CIO, CERN Pension Fund ** Office Manager, ISAG

Les politiques monétaires continueront à cristalliser toutes les attentions

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