Gouvernance

Une initiative pour donner plus de visibilité aux femmes

Les femmes représentent souvent moins de 10% des conseils d’administration. Une association veut accroître cette part en s’appuyant sur un outil de compétences

Une initiative pour donner plus de visibilité aux femmes

Sous-représentées, les femmes constituent très souvent moins de 10% des conseils d’adminis­tration, selon un sondage mené conjoin­tement par l’Union patronale suisse et la société financière zCapital auprès de 150 présidents de conseil d’administration. «Leur vécu, leurs besoins, leur vision et leur connaissance des produits ne sont qu’insuffisamment pris en compte dans les stratégies des sociétés. Les décisions cruciales reposent essentiellement sur le vécu et les besoins des hommes, a affirmé, il y a deux semaines à Lausanne, Diane Reinhard, lors du ­lancement du Cercle suisse des ­administratrices.

Cette initiative vise à faire connaître 100 femmes aux «compétences et expériences avérées» pour augmenter leur nombre dans les conseils d’administration.

A cet effet, l’association a dé­veloppé un outil dénommé l’IRM, qui permet de cerner quels sont les compétences et les profils des administratrices recrutées. «Grâce à notre base de données, nous pouvons proposer aux conseils d’administration des femmes qui seront choisies en fonction de leur adéquation aux besoins spécifiques des entreprises, a noté Diane Reinhard, cofondatrice du Cercle suisse des administratrices, aux côtés de Geneviève Bauhofer et de François Gauchenot. La présence d’une seule femme dans un conseil d’administration améliore la performance de l’entreprise.»

Initiatives parlementaires

Invité par cette nouvelle association, Olivier Steimer, président du conseil d’administration de la Banque Cantonale Vaudoise, estime que les femmes sont non ­seulement sous-représentées mais qu’elles se retrouvent souvent à «trois échelons» plus bas qu’un homme lorsqu’elles entrent dans un conseil d’administration. «Certes, nous aimerions bien que les femmes soient plus représentées dans nos conseils, mais nous n’en trouvons pas ou les profils sont toujours les mêmes», souligne-t-il.

La situation pourrait toutefois changer. Selon le sondage mené par l’Union patronale suisse et zCapital, plus de trois-quarts des entreprises sondées ont en effet décidé d’accroître la part des femmes dans les conseils d’administration. Leur part a déjà progressé dans les entreprises du SMI, passant de 11,8% en 2011 à 16,2% en 2013, et de 6,3 à 8,7% pour les ­sociétés du SPI. En Suisse, deux ­initiatives parlementaires ont été lancées visant à obliger une par­ticipation des femmes à hauteur de 40% dans les conseils des entreprises cotées et entreprises publiques d’ici à 2017. La Commission européenne a également proposé d’émettre des lignes directrices similaires pour 2020. Certains pays européens ont édicté des quotas.

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