Algorithmes

La start-up lausannoise Caustics dompte la lumière

La jeune pousse en création négocie actuellement avec un fabricant de verre en France. Elle espère signer un contrat d’ici à la fin de l’année

Caustics dompte la lumière

Algorithmes La start-up vaudoise négocie avec un fabricant de verre

Romain Testuz présente une plaque de plexiglas transparente. D’un côté plate, de l’autre bombée, elle ressemble à une grosse loupe. Aucune incrustation n’est apparente. Pourtant, placée sous un certain angle, entre un mur blanc et une source lumineuse, elle fait apparaître une image, comme par magie, à savoir un portrait du mathématicien britannique Alan Turing. Il suffit de changer de plaque transparente pour voir surgir une autre image.

Le Laboratoire d’informatique graphique et géométrique du professeur Mark Pauly, de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), a développé des algorithmes permettant de façonner une surface de telle sorte que les rayons de la lumière, en la traversant, puissent restituer une image. Le plexiglas contient ainsi des reliefs pour permettre la reproduction d’une forme ou d’une illustration.

«Quand la lumière touche une surface irrégulière et transparente, comme le verre ou l’eau, les rayons de lumière sont déviés pour recréer un motif sur les murs alentours. C’est un phénomène optique naturel appelé la caustique. Nous avons mis au point une formule mathématique qui permet de calculer les trajectoires de la lumière avec une grande précision», explique Romain Testuz qui souhaite fonder, avec Mark Pauly, la start-up au nom de Caustics.

Intérêt de l’industrie

Plusieurs applications commerciales sont d’ores et déjà envisagées. «Nous sommes en négociations avec un fabricant de verre en France pour introduire notre technologie dans la chaîne de fabrication de leurs bouteilles. Le logo du fabricant d’eau minérale pourrait, par exemple, être projeté sur une table ou un mur en fonction de l’éclairage», imagine Romain Testuz.

La start-up, actuellement en cours de création, prépare un prototype de moule qui servira à fabriquer ces bouteilles de verre. «Nous espérons signer un contrat d’ici à la fin de l’année», précise l’ingénieur.

D’autres industries s’intéressent à la technologie, à l’exemple de l’horlogerie ou de la joaillerie. «Notre savoir-faire peut également être utilisé pour se prémunir de la contrefaçon», relève Romain Testuz.

Projet architectural

Une autre application est d’ordre architectural. Un projet de sculpture sur le site de l’EPFL permettra de projeter une image au sol en fonction de la position du soleil. «Cette statue devrait être finalisée cet été», prévoit le cofondateur de Caustics.

D’autres projets sont à l’étude. La technologie pourrait être appliquée à des vitrines, des fenêtres, des structures de fontaines, des décorations ou des monuments. Dans le domaine du design, elle pourrait être utilisée pour orner des verres ou des bijoux. Elle aurait également un potentiel dans des champs plus techniques, tels que la correction de l’orientation des phares de voiture ou des projecteurs.

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