politique monétaire

La Suisse? L’endroit où il faut être, selon Axel Weber

Le président d’UBS a prévenu des difficultés qui attendent les banques centrales

La Suisse? L’endroit où il faut être, selon Axel Weber

Croissance Le président d’UBS a prévenu des difficultés qui attendent les banques centrales

Pour Axel Weber, la Suisse est comme un petit bateau, qui doit se frayer un chemin dans les ­courants de l’économie mondiale. Et, jusqu’ici, elle s’en est plutôt bien sortie, a expliqué le président d’UBS jeudi, lors d’un déjeuner ­organisé par la Chambre de ­commerce américano-suisse (AmCham) à Zurich.

Pour l’ancien président de la Bundesbank allemande, la Suisse, c’est même l’endroit où il faut être. Même si, après le oui du 9 février à l’initiative «Contre l’immigration de masse», «tout le monde ne pourra pas avoir cette chance», a-t-il ironisé. Pourtant, le respon­sable de la première banque suisse s’est montré optimiste. «J’ai étudié la façon dont les Suisses gèrent les problèmes, et ils trouvent ­toujours un compromis. Je ne suis donc pas inquiet.»

Le petit bateau suisse ne vogue pourtant pas dans des eaux tout à fait calmes. Le risque posé par la crise de la dette en Europe s’est estompé et a laissé la place à de «plus petits risques, plus gérables par les marchés, mais qu’il faut quand même garder à l’œil», a-t-il prévenu. C’est le cas de l’évolution du marché immobilier suisse ou des tests de résistance pour les banques européennes, a-t-il cité. Si le tableau est plutôt «rose», ­l’ancien professeur d’économie a dit le fond de sa pensée quant aux initiatives qui vont contre l’esprit libéral suisse favorable à l’économie de marché. «Il faut arrêter de tirer sur le bateau.»

L’Europe à la traîne

A côté des Suisses, les Etats-Unis tirent aussi leur épingle du jeu. Dans les deux cas, le PIB a dépassé le pic atteint avant la crise. «Ces deux pays se trouvent dans une meilleure situation au­jourd’hui, contrairement à l’Europe, dont le PIB est toujours 5% en dessous de 2007 et où la crise reste dans tous les esprits», a expliqué Axel Weber. Le même raisonnement prévaut pour le chômage. Alors qu’il a reflué aux Etats-Unis, il se stabilise à un niveau élevé dans la zone euro.

Facile «en théorie»

Axel Weber a en outre mis en garde quant aux défis que constituent les sorties des politiques monétaires non orthodoxes. Elles ne sont «faciles qu’en théorie. Dans l’environnement actuel, ­elles seront difficiles à conduire». Pour le responsable, «leur réussite dépendra de la situation budgétaire de chaque pays».

Si les banques centrales se mettent à freiner leurs politiques ­expansionnistes dans des pays où les finances publiques sont dans le rouge, le changement de cap pourra engendrer une politique budgétaire restrictive. Cela augmentera en effet le coût du ­service de la dette, a expliqué l’Allemand, élu par l’assemblée gé­nérale d’UBS en 2012. «Lorsque la Banque centrale européenne commencera à relever ses taux d’intérêt, vous pouvez être certains que des gouvernements vont protester», a-t-il prévu. Et le président d’UBS de suggérer de prendre exemple sur le premier président de l’institution basée à Francfort, le Hollandais Wim Duisenberg, qui avait dit des gouvernements: «Je les entends, mais je ne les écoute pas.»

Publicité