Réforme

Lancement de l’initiative «Monnaie pleine»

La création monétaire se limiterait à la BNS et les banques commerciales seraient exclues du processus

Lancement de l’initiative «Monnaie pleine»

Réforme La création monétaire se limiterait à la BNS

L’initiative «Monnaie pleine» a été présentée mardi à Berne. Ses auteurs, sous la direction de l’association Modernisation Monétaire (MoMo), veulent que la création monétaire soit uniquement confiée à la Banque nationale suisse (BNS), et ainsi exclure du processus les banques commerciales.

Comme l’a rapporté l’ATS, ses partisans (qui se veulent «au-dessus des partis et des idéologies») s’appuient sur l’analyse des crises financières, et notamment la lecture qui en a été faite par des penseurs libéraux tels que le Prix Nobel Maurice Allais. L’économiste français a vertement critiqué un système de crédits basé sur la couverture partielle des dépôts. Les instituts bancaires octroient des crédits qui ne sont couverts qu’en partie par les fonds déposés par leurs clients. Les crises des deux derniers siècles ont toutes été alimentées par une croissance excessive du crédit bancaire. James Buchanan, autre Nobel également penseur libéral, a lui aussi mis en évidence le problème d’une création monétaire excessive en raison du système de couverture partielle.

L’Etat libéré

La BNS doit donc retrouver le monopole de la création d’argent, martèle l’association MoMo. Et a jusqu’au 3 décembre 2015 pour récolter les 100 000 signatures nécessaires pour déposer son initiative.

En lançant cette initiative en Suisse, «seul pays qui peut le faire», l’association espère faire tache d’huile en Europe et ailleurs. La Suisse aura l’argent le plus sûr du monde, estime Hansruedi Weber, président de MoMo. Et tous les gains issus de la création monétaire reviendront à l’Etat et aux citoyens. «L’argent des comptes courants sera entièrement sécurisé. Les faillites ne pourront plus lui nuire», a-t-il déclaré, se réjouissant aussi de la fin de la prise en otage de l’Etat: «Comme le trafic de paiements sera séparé du reste des activités bancaires, les banques ne devront plus être sauvées.»

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