internet

La stratégie de Swisscom avec Local.ch et Search.ch énerve

Mardi, l’opérateur a reçu le feu vert pour contrôler tant Local.ch que Search.ch.En face, un concurrent, Zip.ch, juge ses tarifs inacceptables

Swisscom et les annuaires: une stratégie qui énerve

Internet Mardi, l’opérateur a reçu le feu vert pour contrôler tant Local.ch que Search.ch

En face, un concurrent juge ses tarifs inacceptables

Depuis mardi, une entreprise détient le quasi-monopole sur les annuaires en ligne en Suisse. La Commission de la concurrence (Comco) a donné son feu vert à Swisscom. L’opérateur, propriétaire de l’annuaire Local.ch, pourra acquérir Search.ch. Les numéros deux et cinq du Web en Suisse en termes de fréquentation pourront être détenus par Swisscom à 69% et l’éditeur Tamedia à 31%.

La décision de la Comco aurait pu signifier la fin de l’histoire. Il n’en est rien. Mardi aussi, un nouvel annuaire concurrent, Zip.ch, a interpellé la Comco. Dans une lettre, son responsable, Alexandre de Senger, accuse Swisscom d’abuser de sa position dominante. «L’opérateur est le seul auquel nous pouvons acheter les données de base de l’annuaire, explique-t-il. Il nous en coûte 8000 francs par mois. Et, depuis le 1er janvier, une nouvelle ordonnance permet à Swisscom de ne plus fournir une rubrique, de type restaurant ou cinéma, à ses clients. La filiale Directories de Swisscom propose ses rubriques à la vente à des prix absurdes, pour sortir ses concurrents du marché.» Selon Alexandre de Senger, par ailleurs cofondateur de la société de marketing numérique Neo Advertising, ce coût «représenterait pour nous au minimum 190 000 francs par an. Or, sans ces données classées par catégorie, il nous manque aujourd’hui environ 500 000 adresses. Cela nous mettrait en grande difficulté. Les pratiques de Swisscom ne sont pas acceptables.»

L’opérateur, qui revend aussi les données de Sunrise ou UPC Cablecom, se défend. «Le prix de base pour les données est réglé par voie d’ordonnance, ce n’est pas nous qui fixons les prix», se défend un porte-parole. Et pour la taxe concernant les catégories? «Classer ainsi les entreprises, cela prend du temps et cela nous coûte de l’argent. Cette valeur ajoutée a un prix.» Deux sites paient Swisscom pour ses données: Zip.ch et Opendi.ch, annuaire géré depuis Munich. Ringier, propriétaire du Temps, gère de son côté le portail Gate24.ch.

La Comco estime que «Swisscom doit vendre son offre en respectant la législation sur les télécommunications et le droit de la concurrence», dit son président, Vincent Martenet.

Celle-ci a accepté sans condition la mainmise de Swisscom sur Search.ch et Local.ch. En écrivant que cette concentration créera une «position dominante sur le marché». En janvier 2014, le surveillant des prix s’était alarmé des pratiques de Swisscom, demandant que «l’accès non discriminatoire des éditeurs à toutes les informations transmises par l’abonné dans son inscription soit renforcé».

Vincent Martenet explique que deux marchés ont été analysés. «Sur celui de la publicité, les analyses effectuées ont montré qu’une part importante des entreprises clientes de Search.ch ou de Local.ch envisage d’utiliser le service Adwords de Google si Swisscom relève ses tarifs. La concurrence a un effet disciplinant.»

La Comco affirme aussi avoir voulu se placer du point de vue des utilisateurs. «Certes, Swisscom Directories est le seul à vendre des données comme le numéro de téléphone des particuliers. Mais c’est déjà le cas et ce n’est pas une conséquence de la concentration. Et le marché est dynamique: de moins en moins de personnes possèdent une ligne fixe figurant dans un annuaire dont la consultation est indispensable pour les retrouver. Facebook ou d’autres réseaux (LinkedIn par exemple) sont aussi de plus en plus utilisés pour contacter des personnes», estime Vincent Martenet.

«Facebook ou LinkedIn sont aussi de plus en plus utiliséspour contacterdes personnes»

Publicité