Réseautage

Des Genevois imaginent le Tinder pour hommes et femmes d’affaires

Une nouvelle application permettra d’organiser des déjeuners professionnels entre inconnus. Ses fondateurs veulent étendre leur plateforme à l’échelle mondiale

Des Genevois imaginent le Tinder pour hommes et femmes d’affaires

Nom de code: uKonect. Soit le nouveau dispositif mobile de «drague» entre inconnus issus du milieu des affaires. L’idée émane de trois Genevois: Arnaud Barray (28 ans), ex-banquier à la Standard Chartered, Jordan Mathias (25 ans), ancien animateur de communauté en ligne à la Fédération internationale de basket-ball, et Clément Jaquier (29 ans), designer graphique. Fondée en janvier dernier, leur start-up doit lancer son produit sur le marché cet automne. D’abord à Londres (étape incontournable avant une offensive outre-Atlantique) et à Genève (pour des raisons symboliques, ce bassin de population étant jugé assez limité). Pour, à terme, s’adresser au reste de la planète. Explications.

L’application uKonect permettra aux business(wo)men d’optimiser leurs relations d’affaires. Elle tournera sur iOS – Android dès janvier 2016 – et promet à ses utilisateurs (traders, banquiers, assureurs, horlogers, etc.) de ne plus déjeuner seuls. Mais plus que de briser l’isolement professionnel à l’heure des repas, l’outil est destiné à mieux développer son réseau de proximité ou transfrontalier. En rencontrant un éventuel partenaire, un potentiel client ou son futur employeur. Ou encore en partageant ses idées et ses expériences avec un confrère du même domaine, voire d’un autre métier. Le tout gratuitement et sans connaître au préalable son interlocuteur. «Notre outil est un mélange de Tinder et de LinkedIn», résument les cofondateurs de l’entreprise en démarrage, établie près de Nyon.

Tinder, parce que l’application facilite les tête-à-tête, en identifiant les contacts disponibles dans un périmètre – modulable à sa convenance – donné. Et LinkedIn, car le dispositif réplique, depuis ce réseau social, les données de ses utilisateurs. «Cela évite un enregistrement manuel laborieux, mais avec la possibilité d’étoffer ou d’adapter son profil», indique Clément Jaquier. L’outil permet aussi de planifier ses rendez-vous plusieurs jours à l’avance et, en cas de voyage d’affaires à l’étranger, dans des lieux géographiques différents.

«Nous avons prévu des filtres pour éviter les usagers indésirables, comme un public trop jeune ou complètement détaché du monde des affaires», précise Jordan Mathias. Pour les candidats à l’«accouplement» extraprofessionnel? «Le système inclut la possibilité d’évaluer la qualité des rencontres, ce qui permet, a posteriori, de bloquer les perturbateurs», signale-t-il.

S’apparentant à CityHour, une offre mobile luxembourgeoise d’organisation de réunions d’affaires classiques, et LikeLunch, sorte de chat parisien instantané, mais uniquement en français, uKonect est actuellement dans une phase de levée de fonds, à travers notamment une émission obligataire. Objectif: trouver, dans l’immédiat, environ un million de francs, pour étendre ses activités aux rendez-vous groupés (présentation de produits, etc.), avec des fonctions premium (comme des clubs restreints pour les très hauts dirigeants) et autres versions sur mesure payantes (entre 20 000 et 50 000 francs) pour les entreprises dès 1000 salariés. «Nous sommes déjà en pourparlers avec une société de courtage britannique», se félicite Jordan Mathias.

La société de gestion Compagnie Financière de Florissant est entrée au capital de uKonect (près de la moitié des 60 000 francs pour le test de la version bêta de l’outil, sur un panel de 400 hommes et femmes d’affaires dans le monde). «Nous visons les 100 000 utilisateurs la première année, dont 50% d’usagers réguliers [au minimum un business lunch par mois], ainsi que cinq clients institutionnels pour notre formule en marque blanche», conclut Jordan Mathias.

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