Forum économique mondial

La Suisse classée parmi les «leaders» de la durabilité des entreprises

Le rapport 2016 de RobecoSam consacre les entreprises helvétiques cotées et le secteur électronique. Le classement inclut des entreprises pétrolières et tabatières

La Suisse figure en bonne place du rapport 2016 sur la durabilité des entreprises cotées, établi par la société de gestion zurichoise RobecoSAM. Pas moins de quatorze firmes dont le siège social se trouve sur le territoire helvétique se voient récompensées pour leur bonne gestion sociétale. Cinq entreprises – Coca Cola HBC, Roche, Swiss Re, SGS et UBS – sont même reconnues parmi les 1% de compagnies les plus durables (médaille d’or).

Présenté ce mercredi au Forum économique de Davos, le rapport octroie quatre types de distinction par secteur: trois médailles et le titre de «leader» de l’industrie. Les performances des entreprises helvétiques restent stables par rapport aux années précédentes: «Les Suisses tirent toujours leur épingle du jeu dans ce type de classement. Surtout, compte tenu de la taille du pays et du nombre d’entreprises cotées», souligne Christopher Greenwald, chef de la recherche en investissement durable chez RobecoSAM. En termes de médaille d’or, la Suisse figure en huitième position, derrière les États-Unis (10), la France (9) ou la Corée du Sud (8).

Le rapport renonce pourtant à distribuer les mauvais points puisqu’il ne mentionne que les 15% d’entreprises démontrant les meilleures performances en matière d’investissements durables. «Notre politique a toujours été de souligner les bonnes pratiques plutôt que de dénoncer des brebis galeuses, explique le chercheur. Dans une logique d’investissement, c’est également plus logique.»

Fondé en 1995, RobecoSAM a passé en revue 2126 entreprises basées dans 42 pays. Pour établir son classement, la société de gestion s’est basée sur une série de 15 critères économiques, sociaux et environnementaux tels que les innovations, la stratégie climatique ou le respect des droits des employés. Selon cette méthodologie, les compagnies tabatières British American Tobacco et Reynolds, le pétrolier français Total ou le géant minier britannique Rio Tinto figurent tous parmi les «leaders de durabilité 2016».

Méthode questionnée

Côté suisse, on compte notamment les entreprises bâloises Novartis et Roche – qui obtient même la plus haute distinction du secteur pharmaceutique. Un choix étonnant, pour Patrick Durish, responsable du programme santé de l’organisation non gouvernementale la Déclaration de Berne: «Les coûts des derniers traitements anticancéreux de Roche n’ont plus rien à voir avec les frais de recherche et développement. En conséquence, ils ne sont plus remboursés par l’assurance de base. On peut se demander de quel type de durabilité parle ce classement: une durabilité sociale ou du modèle économique?»

Lire aussi: «Roche et Novartis affichent des tendances contraires»

Autre élément marquant, l’entreprise pétrolière brésilienne Petrobras, citée en 2015 parmi les plus durables, ne figure plus dans le classement. «Des éléments ont surgi qui nous ont fait réévaluer la véracité des informations produites par l’entreprise. Nous leur avons signifié quelles mesures ils devaient mettre en place pour retrouver leur place.» Empêtré dans un scandale de corruption impliquant des personnalités politiques, le cours de l’action du groupe a chuté en septembre jusqu’à la catégorie spéculative.

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