Transports

Les TPG passent commande pour des bus 100% électriques

Des contrats pour un montant de 24 millions de francs ont été signés vendredi à Genève. D’ici 2018 la ligne 23 sera entièrement assurée par des véhicules sans ligne de contact, silencieux et sans CO2

Nouvelle étape pour les Transports publics genevois (TPG). Vendredi matin, la régie publique a signé deux contrats pour un montant de 24 millions de francs avec HESS Carrosserie (14 millions) et ABB (10 millions). Objectif: remplacer des véhicules fonctionnant au diesel par des bus 100% électriques sur la ligne 23 qui relie la ville de Carouge à l’aéroport.

Hess Carrosserie s’occupera de la fabrication de 12 autobus, tandis qu’ABB Sécheron se chargera de la mise en place de l’infrastructure nécessaire à leur bon fonctionnement. Ces autobus électriques d’un nouveau genre, qui n’ont besoin d’aucune ligne de contact pour avancer, seront mis en circulation en mars 2018 au plus tard, a assuré le directeur des TPG Denis Berdoz lors d’une conférence de presse organisée au Bachet-de-Pesay.

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Le projet baptisé TOSA – pour Trolleybus Optimisation Système Alimentation – a été initié en 2011. En 2013, un parcours test avait été inauguré par la Conseillère fédérale Doris Leuthard à l’occasion du congrès de l’Union internationale des transports publics (UITP) qui s’était tenu à Genève. En 2015 enfin, TOSA avait été reconnu comme projet phare par l’Office fédéral de l’énergie dans le cadre de la stratégie énergétique 2050 de la Confédération, ce qui lui avait permis de bénéficier d’une subvention de 3,4 millions de francs.

Un système révolutionnaire

Vendredi, Denis Berdoz s’est tout d’abord félicité de l’importante capacité de ces bus 100% électriques qui peuvent transporter 133 personnes, voire 180 pour les doublement articulés. «On reproche souvent aux batteries de ce type de véhicules de prendre davantage de place que les passagers qu’ils peuvent embarquer», s’est-il exclamé.

Pour ce qui concerne les bus TOSA, les batteries au titanate de lithium et les composants électroniques sont en effet placés sur le toit du véhicule. Un système de transfert d’énergie dit «biberonnage» permet de les recharger en s’arrêtant durant 15 secondes seulement aux 13 «stations flash» qui seront installées tout au long des 12 kilomètres de la ligne 23. «Huit stations dans le sens de la montée et 5 dans celui de la descente», a précisé Denis Berdoz.

Trois stations plus importantes seront placées aux terminus de la ligne – une à Carouge, une à l’aéroport et une à Palexpo. Elles permettront de recharger les batteries en trois ou quatre minutes. Les autobus pourront enfin faire le plein d’énergie chaque nuit, en 30 minutes, dans les hangars des TPG situés à la Jonction.

Pour Denis Berdoz, cette nouvelle technologie profitera avant tout aux riverains et aux usagers de la ligne: fini les lignes aériennes de contact dans les rues et les gaz à effet de serre. Quant à la pollution sonore, elle sera réduite de moitié par rapport aux véhicules à diesel, assure-t-il.

Une flotte à renouveler

Le directeur d’ABB Sécheron Jean-Luc Favre espère que cette nouvelle technologie pourra être utilisée sur d’autres lignes à l’avenir. «Pour la seule ligne 23, c’est 1000 tonnes de CO2 par an qui vont être économisées, explique-t-il. Si l’on devait remplacer toute la flotte des bus TPG, cette économie s’élèverait à 25000 tonnes par an, soit à 10 millions de litres de gasoil.»

L’industriel genevois pourrait bientôt être amené à participer à un nouvel appel d’offres. Car comme l’a rappelé le Conseiller d’État en charge du département de l’environnement, des transports et de l’agriculture Luc Barthassat, qui était lui aussi présent vendredi matin aux côtés de son collègue Pierre Maudet, toute la flotte des autobus diesel des TPG devra être changée entre 2023 et 2025. Soit la moitié de la flotte actuelle en termes de capacité de transport.

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