Liberté économique

La France fête ce vendredi son jour de libération fiscale

Ce n’est plus la Belgique mais la France qui fait peser le plus lourd fardeau fiscal et social sur ses employés en 2016 dans l’UE, selon l’Institut Molinari. En Suisse, le jour de libération fiscale est le 4 juin

La France fête ce vendredi son jour de libération fiscale et sociale. C’est le dernier pays de l’UE à célébrer ce jour particulier à partir duquel le salarié ne travaille plus pour l’Etat, mais pour lui-même. L’an dernier, la Belgique occupait cette triste première place, mais le gouvernement de Charles Michel a diminué les charges patronales au deuxième trimestre 2016.

En théorie, le salarié français est le cinquième le mieux payé de l’UE, avec 56 246 euros par an. Mais en raison des impôts et charges, son pouvoir d’achat réel ne le place qu’au 11e rang avec 23 889 euros, selon une étude de l’Institut Molinari publiée ce mois-ci.

7 pays ont dû attendre le 2e semestre

Cette année, le jour de libération fiscale est survenu le 27 juillet en Belgique, le 19 juillet en Autriche, le 17 juillet en Hongrie, le 11 juillet en Allemagne, le 7 juillet en Grèce et le 2 juillet en Italie. Il a donc fallu attendre le deuxième semestre dans sept pays de l’UE. Cela signifie que dans ces pays «le salarié moyen n’a pas de maîtrise directe sur plus de 50% des fruits de son travail, son influence sur la prise de décision étant au mieux indirecte», selon l’Institut économique Molinari.


Le rapport de l’Institut Molinari, qui mesure, chaque année, le «degré de liberté économique perçu», est l’objet de vastes débats méthodologiques. L’Institut Molinari ne se limite pas à la fiscalité directe pesant sur le salarié. Car beaucoup d’études portant sur ce sujet «occultent la part des revenus des salariés consacrée au financement des services publics et de la sécurité sociale obligatoire», révèlent les auteurs.

Cécile Philippe, Nicolas Marques et James Rogers agrègent les impôts sur le revenu, la TVA, ainsi que les charges sociales patronales et salariales parce que, in fine, ces charges réduisent le pouvoir d’achat réel.

Il faut savoir qu’en France l’employeur débourse 235 euros pour qu’un salarié dispose de 100 euros de pouvoir d’achat. A l’opposé, les employeurs du Royaume-Uni versent 155 euros pour arriver à cette fin, Chypre 131 euros.

Libération fiscale: le 4 juin en Suisse

Pour les salariés, la hausse des prélèvements obligatoires représente «une double peine», selon le rapport. «D’une part, les employeurs, qui supportent des impôts et charges en hausse, sont moins enclins à accorder des augmentations de salaires bruts. D’autre part, leur salaire net est amputé par diverses augmentations de charges sociales, d’impôts sur le revenu et de TVA.»

La Suisse n’étant pas membre de l’UE, elle ne figure pas dans le classement. Mais en reprenant une approche similaire, Avenir Suisse évalue le jour de libération fiscale au 4 juin en Suisse, au 18 janvier dans le canton de Schwyz. Par contre, en se limitant aux seuls impôts, l’Administration fiscale des contributions (AFC) est d’avis qu’il a lieu le 15 mars. Marco Salvi, chef de projet du laboratoire d’idées, explique que «l’AFC fait fi du fait que tout impôt, direct ou pas, est au final versé par les ménages – l’impôt sur les chiens n’étant pas payé par les quatre pattes».

Sur un an, 10 pays de l’UE participent à la baisse des prélèvements, 15 à leur hausse et trois sont stables. Pour l’ensemble de l’UE, le taux réel d’imposition a légèrement baissé, à 44,96% (–0,23%). La baisse la plus forte est belge et la hausse la plus significative est portugaise. La France est «championne de la fiscalité», avec 57,53% de taxation, devant la Belgique, avec 56,9%.


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