NUMÉRIQUE

Un jeu vidéo genevois va rémunérer ses utilisateurs en bitcoins

Les créateurs genevois espèrent démocratiser les cryptomonnaies grâce à leur jeu Bitcoinbandit

Rétribuer les joueurs pour leur temps passé sur leur smartphone. C’est le pari des créateurs de BitcoinBandit, un jeu vidéo disponible gratuitement dès ce vendredi sur Android et iOS. Après le modèle des jeux en «free-to-play» – dont le téléchargement est gratuit mais des micropaiements permettent aux joueurs de progresser plus vite dans la partie –, l’équipe de cinq développeurs genevois, tous âgés entre 25 et 30 ans, espère bien populariser le concept de «get-paid-to-play» (payé pour jouer).

Dans BitcoinBandit, les joueurs incarnent le lapin Bandit dans sa quête de pièces jaunes à travers un univers 2D furieusement rétro. Les pièces collectées dans le mode tournoi – disponible toutes les 30 minutes – permettent aux joueurs de progresser au classement, actualisé et converti en bitcoins chaque semaine. Objectif: séduire une base de 15 000 à 20 000 utilisateurs, en s’inspirant du succès du jeu Flappy Bird, développé par un indépendant.

«Franchir le pas» du Bitcoin

Les développeurs s’engagent à reverser 50% de leurs revenus publicitaires aux gamers. Ils avouent avoir pris «quelques risques» sur le premier mois de lancement, confirme Sami Perrin, en charge du développement. Pour cet ancien de l’EPFL, il n’est pas encore question de s’engager à verser un bitcoin entier au meilleur joueur – le cours est actuellement à plus de 500 francs et reste soumis à une forte volatilité – mais «les meilleurs pourront gagner l’équivalent de quelques francs». La possibilité de fractionner les centimes de Bitcoin facilitant la rétribution.

A l’origine du projet, il s’agit pour cette équipe de passionnés de cryptomonnaies d’aider les gens à «franchir le pas» du Bitcoin. «Les Suisses sont encore un peu frileux par rapport aux Scandinaves, soutient Guillaume Pedrazzini, en charge des aspects juridiques et de marketing. Cette monnaie fait encore un peu peur en raison de sa volatilité et de son système décentralisé.»

Inégalité numérique

Le bitcoin dispose actuellement d’une capitalisation boursière d’un peu moins de 9 milliards de dollars. Mais la quasi-totalité des utilisateurs (99,7%) détiennent moins d’un bitcoin dans leur portefeuille alors que 500 utilisateurs se partagent plus de 30% de la richesse mondiale, selon le site Bitcoinrichlist.com qui compile ces données.

La démocratisation de la cryptomonnaie n’est donc pas encore d’actualité. En Suisse, très peu de commerces acceptent les paiements en bitcoin même si une société zougoise Xapo a développé un système de carte de débit permettant de faire la conversion des Bitcoins vers les autres devises.

Pas besoin de compte bancaire

Jacques Favier salue les initiatives du type de BitcoinBandit. Pour le secrétaire du «Cercle du Coin», une association de promotion du bitcoin regroupant une cinquantaine de membres en Suisse, France, Belgique ou au Luxembourg, l’industrie du jeu en ligne ne peut être qu’intéressée par une monnaie qui ne requiert pas de compte bancaire et permet d’effectuer des transactions immédiates. «Le bitcoin sera toujours moins liquide que le cash. Son avenir ne se situe pas forcément dans le commerce de quartier mais dans le cyberespace.»

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