Prêts

Seedz Up va accorder des microcrédits aux entrepreneurs suisses

La plateforme genevoise débute ses opérations ce mois, bien qu’elle n’ait pas trouvé de financement hors des fonds de ses associés

Il a l’œil brillant de l’entrepreneur sûr de son idée, François Deswarte. Celle de lancer Seedz Up, une plate-forme de microcrédit en Suisse, le 15 septembre. «Ce jour-là, nous activerons notre site internet et commencerons à examiner les demandes de crédit qui nous parviendront», explique-t-il. Son but est d’accorder les premiers prêts aux alentours de la fin de l’année aux entrepreneurs qui lui auront adressé les dossiers les plus solides.

Aider les entrepreneurs qui débutent

Seedz Up est né du constat de François Deswarte de la quasi-inexistence d’organismes de microfinance centrés sur la Suisse. Les grands acteurs du secteur comme Blue Orchard et Symbiotics orientent leurs prêts vers les pays en développement. Seul Microcrédit Solidaire Suisse, basé à Lausanne, s’est donné pour vocation d’aider les entrepreneurs qui cherchent à se lancer et qui peinent à trouver un financement. Il est vrai que les banques suisses accordent plus facilement des prêts commerciaux que leurs contreparties dans les pays voisins, à des conditions financières acceptables.

Pourtant, François Deswarte est convaincu de l’existence d’un besoin. «Je veux prouver qu’un nouvel entrepreneur éprouve des difficultés réelles à trouver du financement», lance-t-il. La société envisage de prêter des montants de 10’000 à 30’000 francs – limite admise du microcrédit – moyennant des intérêts de 6%. Les projets n’auront pas besoin d’être innovants ou orientés vers la technologie. Ils devront juste être crédibles et solides. Il ne sera pas systématiquement exigé des garanties, mais la société se réserve la possibilité d’exiger des gages au cas par cas.

Un premier défi à relever

Seedz Up devra néanmoins surmonter un premier obstacle, celui de prouver qu’elle répond bien à un besoin. En dépit de ses efforts, elle n’a pas convaincu de donateurs ni de banques de lui avancer le demi-million de francs qu’elle espérait pour démarrer ses activités. Ses responsables ont donc décidé de financer de leur poche les 25’000 francs de fonds propres permettant le démarrage de la structure.

François Deswarte et ses quatre associés – Bernd Balkenhol, professeur de microfinance à l’Université de Genève, la consultante internationale en microfinance Pete Sparenboom, et Arnaud Barray, banquier et cofondateur de la start-up vaudoise Ukonect – ont toutefois un objectif: recueillir au moins de quinze à vingt dossiers d’ici la fin de l’année. Faute de quoi ils mettront un terme à leur expérience.

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