Gestion

Les actifs gérés par des fonds de microfinance ont quintuplé en dix ans

Symbiotics a publié lundi la dixième édition de son étude annuelle consacrée à la microfinance. L’occasion de faire le point sur l’évolution d’un secteur depuis 2006

Symbiotics a publié ce lundi, pour la dixième année consécutive, les résultats de son étude annuelle consacrée à la microfinance. L’occasion de comparer les performances des fonds de microfinance et de constater l’évolution d’un secteur qui en 2006 n’en était encore qu’à ses balbutiements.

Pour cette dixième édition, l’enseigne genevoise fondée en 2005 a pu compter sur la participation de 93 fonds de microfinance, représentant 11 milliards de dollars d’actifs sous gestion. Soit 95% d’un marché estimé à 11,6 milliards de dollars, souligne Symbiotics dans un rapport d’une cinquantaine de pages. En 2006, ils étaient 39 à avoir répondu au questionnaire et la taille du marché avoisinait deux milliards de dollars.

En une décennie, la taille des actifs gérés par des fonds de microfinance a donc plus que quintuplé, précise Symbiotics, ce qui représente une croissance annuelle pondérée de 20%. Cette croissance a toutefois baissé ces dernières années pour atteindre 6,4% en 2015.

L’Asie du sud en vogue

Du côté des investisseurs, la plus forte croissance est à mettre au compte des institutionnels dont les investissements dans la microfinance ont progressé, en moyenne, de 26% par an depuis 2006. Contre 21% pour les agences étatiques de développement et 15% pour les investisseurs privés. Les institutionnels financent désormais 50% environ des besoins en capital des fonds de microfinance, indique Symbiotics.

La place suisse reste leader pour ce qui concerne la gestion des fonds de microfinance avec près d’un tiers des actifs qui y sont gérés (30%). Viennent ensuite les Pays-Bas, avec 23% des actifs, l’Allemagne (17%), le Luxembourg (9%) et les Etats-Unis (8%).

Pour ce qui concerne les pays qui bénéficient de ces fonds, c’est l’Inde, berceau de la microfinance, qui arrive en tête en 2015 avec 10,7% des investissements. Le Cambodge (9,7%) et l’Equateur (6,3%) complètent le podium.

Les difficultés économiques rencontrées par la Russie, que ce soit la dévaluation de sa monnaie ou la chute des prix du pétrole, ont en revanche pesé sur la région Europe de l’Est – Asie centrale et conduit les fonds de microfinance à réduire leurs expositions envers certains pays. En 2015, ce sont l’Azerbaïdjan, le Kirghizistan et le Tadjikistan qui en ont principalement fait les frais, souligne Symbiotics. Au final, les volumes destinés à cette région ont diminué de 17%.

Nombre de bénéficiaires en forte hausse

A l’inverse, les investissements en Asie du sud ont augmenté de 62% en 2015 si bien que cette région, qui a connu une croissance de presque 50% par an depuis 2012, représente désormais 15% du marché. L’Amérique Latine et l’Europe de l’Est – Asie centrale restent néanmoins, avec 30% des investissements chacune, les régions préférées des fonds de microfinance, souligne Marina Parashkevova, analyste marché chez Symbiotics.

Le nombre de clients finaux bénéficiant de l’apport des fonds de microfinance à quant à lui radicalement augmenté en dix ans. Chaque fonds de microfinance en comptait 307 450 en moyenne fin 2015 contre 118 892 en 2012. En tout, 24 millions de clients à bas revenu ont bénéficié de services financiers proposés par des institutions de microfinance, précise Marina Parashkevova. Dont 68% étaient des femmes et 53% provenaient du monde rural.

Reste les rendements. Ceux-ci ont à nouveau diminué en 2015 pour passer sous la barre des 3% – tant en dollars, en euros, qu’en francs – pour tous les types de véhicules (fonds obligataires, actions ou mixtes). En cause: la détérioration des conditions macroéconomiques, à commencer par la baisse de la croissance en Chine et la volatilité des prix du pétrole. «L’industrie se maintient néanmoins dans son paradigme de faible volatilité, de faible corrélation aux marchés et de rendements absolus au-dessus de l’inflation et attractifs dans le contexte global actuel», conclut Marina Parashkevova.

Publicité