Innovation

Zurich veut se placer sur la carte mondiale de l’économie numérique

Durant quatre jours, le Digital Festival aborde différents sujets liés à la numérisation, allant des réseaux sociaux à l’internet des objets, ainsi qu’à la transformation des modèles d’affaires existants

Avec ses «pitchs», «labs» et «digital prophets», le Digital Festival ne manque pas de recourir au jargon utilisé dans les événements consacrés à l’économie numérique. La manifestation réunit de jeudi à dimanche à Zurich des créateurs de start-up et experts des réseaux sociaux ou de la transformation numérique. Au programme figurent quelques grosses pointures de l’internet 2.0 à l’exemple de Philip Inghelbrecht, co-fondateur du site de musique Shazam, ou d’Alain Chuard, co-fondateur de Wildfire, une société active dans les médiaux sociaux et le marketing revendue en 2012 à Google.

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Plus largement, le Digital Festival a aussi abordé la question de la transformation numérique des entreprises déjà établies. Christian Studer, responsable des nouvelles technologies chez Schindler Elevators, a souligné comment le fabriquant lucernois d’ascenseurs a intégré les nouvelles possibilités offertes par l’internet des objets dans sa manière de fonctionner. Pour les collaborateurs du groupe qui travaillent sur de grands chantiers en Asie, l’outil indispensable n’est plus seulement la boîte à outils traditionnelle mais «FieldLink», une application mobile permettant à ses employés de connaître la planification exacte de leur journée de travail et de remplir les données nécessaires pour les clients. Il conseille aux entreprises établies qui veulent transformer leur modèle d’affaires de «penser en grand» et agir de manière disruptive plutôt que de procéder par petites étapes. Il recommande aussi de mettre sur pied une équipe séparée du reste du groupe pour se charger de tels projets. L’élaboration très rapide de prototype est aussi un aspect essentiel, selon lui.

Plusieurs initiatives en parallèle

Le festival s’inscrit dans une suite d’initiatives qui visent à placer la ville des bords de la Limmat sur la carte mondiale de l’économie numérique. En parallèle de ce congrès, l’initiative DigitalZurich2025, créée avec le soutien de Ringier (co-propriétaire du Temps), présentera de son côté vendredi matin une nouvelle plateforme consacrée à l’éducation numérique.

Quelles sont les chances de Zurich dans l’économie numérique? Pour Martin Luchsinger, responsable de la filiale zurichoise de la société de conseil SQLI et député au conseil de ville de Zurich, la cité des bords de la Limmat ne manque de rien pour réussir dans ce domaine. «Zurich figure déjà sur la carte mondiale de l’économie numérique», estime le politicien vert-libéral à l’origine d’une motion appelée «smart city» qui vise à répondre aux défis de la numérisation. Il comparerait Zurich à une ville comme Austin au Texas qui a su aussi se positionner dans ce secteur.

Des chances dans la robotique et l’éducation en ligne

Un avis partagé par Mike Baur, partenaire fondateur de la Swiss Start Up Factory, un accélérateur à jeunes pousses zurichois: «Il n’y a pas de raison objective justifiant qu’il ne soit pas possible de créer des start-up à succès sur le plan mondial à partir de la Suisse», estime le responsable qui souligne notamment la qualité de la formation des hautes écoles. Il cite les nombreux diplômés de l’ETHZ qui sont parfois recrutés par Google dès qu’ils ont obtenu leur master en poche, plutôt que de créer leur propre entreprise. Selon lui, le problème en Suisse se situe souvent au niveau de la mise en oeuvre, l’«execution» en anglais, des projets. Dans quels secteurs, les jeunes pousses suisses ont-elles les meilleures cartes? Mike Baur cite en particulier la robotique, l’éducation en ligne et plus généralement le secteur des services.

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