Industrie

Quand les entreprises s’entraident pour réussir

Une association lausannoise qui propose des soirées de partage d’idées entre entrepreneurs connaît un succès grandissant. L’objectif est d’aider les sociétés à surmonter leurs difficultés

Nathan et Mathias Gilson, deux frères âgés de 21 et 24 ans, étaient au pied du mur. Il y a deux semaines, ils ont lancé Deliway, une start-up de livraison de menus du jour à vélo électrique dans la région lausannoise. Leur question: comment acquérir de nouveaux clients sans submerger les deux coursiers à leur disposition?

Ils ont trouvé plusieurs réponses jeudi dernier, lors d’une soirée de partage d’idées organisée à Lausanne par l’association The Shared Brain, littéralement: Le cerveau partagé. Le but de ces séances est de réfléchir à plusieurs – mais uniquement entre entrepreneurs – sur le problème d’une entreprise qui peine à trouver des solutions par elle-même.

Les conseils fusent

Durant une heure, les conseils ont fusé entre une gorgée de bière et une poignée de cacahuètes: «Faites du porte-à-porte déguisés en fourchette pour vous faire connaître!», «Distribuez vos produits dans un fitness», «Créez un concours sur Facebook en ciblant les célibataires lausannois.» A la fin de la réunion, les deux frères avaient noté une dizaine de mesures concrètes à appliquer.

Ils ne sont pas les seuls. Selon Gregory Logan, président de The Shared Brain, les participants repartent, en moyenne, avec une vingtaine d’idées qu’ils pourront utiliser dans leur propre entreprise. Conseils qui ne sont pas gratuits mais presque, puisque les participants doivent débourser 9 francs par rencontre et 40 francs pour la société en quête de solutions.

Un carton en Suisse romande

Lancé en 2015, à Lausanne, par Gregory Logan et Hichame Metatla, le phénomène a pris de l’ampleur. Aujourd’hui, 225 entreprises ont déjà testé leur concept. Ils organisent des réunions bimensuelles à Lausanne et à Genève et, depuis la semaine dernière, une à Fribourg. Au vu du nombre de demandes, les deux amis ont dû chercher des bénévoles pour animer les soirées. Ils ont également décidé de s’implanter chaque mois dans une nouvelle ville suisse. La prochaine devrait être Yverdon (VD) et, en décembre, Zurich. Ils envisagent également d’exporter leur concept en France, en Allemagne, en Espagne et au Luxembourg. Et le 4 novembre prochain, ils vont inaugurer à Lausanne une variante qui, elle, est ouverte à tous: un repas entrepreneurial avec une start-up à succès.

Né aux Etats-Unis, le concept n’est pourtant pas nouveau mais les deux cofondateurs l’ont adapté à la Suisse, en introduisant quelques règles: le tutoiement est obligatoire, les cravates sont interdites et l’échange de cartes de visite doit se faire uniquement à la fin des séances. «C’est surtout pour instaurer une ambiance relax et éviter le côté parfois guindé des entrepreneurs, explique Gregory Logan. Le but est de se faire des amis pour tisser le plus de liens possible pour créer un écosystème. C’est ça qui permet de nous différencier des autres événements de réseautage et de coaching professionnel.»

Le fruit du hasard

A l’origine de ce succès, il y a deux amis, Gregory Logan et Hichame Metatla. Chacun a lancé sa start-up mais rencontrait des difficultés. Et c’est en discutant autour d’un café, un après-midi d’été à Ouchy que tout a changé: «J’avais la tête dans le guidon et Hichame m’a donné un conseil tout bête. Je n’y avais juste pas pensé!», confie Gregory Logan. «C’était magique! On a parlé durant trois heures et là, on s’est dit que ce serait cool de faire la même chose mais à plusieurs», poursuit-il. Selon lui, rester dans son coin avec ses problèmes, par peur de la concurrence, n’est pas la bonne solution. Et c’est d’ailleurs la devise de l’association «Partager, c’est résoudre!»

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