TRUMP ET LA SUISSE

«Les entreprises suisses seront touchées de manière indirecte»

Martin Naville, directeur de la chambre de commerce Suisse-Etats-Unis, doute de la mise en place de certaines promesses

Le Temps: Quel impact risque d’avoir l’élection de Donald Trump sur l’économie suisse?

Martin Naville: De manière directe, aucun. Les mesures de rétorsion que Donald Trump a mentionnées durant la campagne viseront surtout les entreprises chinoises et originaires d’autres pays à faible coût. En revanche, l’économie suisse pourrait être touchée par le ralentissement économique mondial que provoquerait la taxe de 45% que Donald Trump dit vouloir imposer sur les produits chinois. Les entreprises suisses subiraient les conséquences de cette dégradation de la conjoncture mondiale, où qu’elles se trouvent sur la planète.

- Pensez-vous que Donald Trump mettra en œuvre toutes les mesures, parfois extrêmes, qui ont constitué son programme électoral?

- Il est trop tôt pour le dire, mais on sait déjà que certaines de ses promesses ne tiennent pas la route. Par exemple celles de baisser les impôts sur les entreprises de 35% à 15% et d’abaisser la dette américaine de 18 000 milliards de dollars en huit ans. Imposer une taxe de 45% sur les produits chinois ne fera pas revenir sur le sol américain tous les emplois qui ont été délocalisés dans le passé.

- Les banques suisses peuvent-elles s’attendre à un assouplissement de la justice américaine à leur égard?

- L’offensive contre les banques suisses avait commencé sous l’administration Bush et s’est poursuivie durant les deux mandats de Barack Obama. La justice américaine est très indépendante, la question des banques suisses deviendra peut-être un peu moins prioritaire qu’elle ne l’a été sous l’administration Obama. Mais le candidat Trump s’est montré très critique envers Wall Street et le secteur bancaire, donc ce dernier ne doit probablement pas se faire trop d’illusions.

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