La voiture sans conducteur a été l’une des vedettes du CES, le salon d’électronique qui s’est tenu la semaine dernière à Las Vegas. Et elle tiendra aussi le haut de l’affiche au cours du salon automobile de Detroit, qui s’est ouvert dimanche 8 janvier avec la présentation d’un nouveau modèle autonome par Waymo, la filiale nouvellement créée par Alphabet, la maison mère de Google.

Grandes manœuvres

Conçue en partenariat avec Fiat Chrysler, cette flotte de 100 mini-vans prendra la route au cours des prochaines semaines. Pour la première fois, la société de Mountain View a conçu l’ensemble des éléments hardware. Et en particulier le lidar, qui, installé sur le toit, permet de cartographier l’environnement en temps de réel. Objectif: avancer encore plus vite. «Nous sommes à un point d’inflexion où nous commençons à réaliser le potentiel de cette technologie», assure John Krafcik, le patron de Waymo.

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En 2016, les grandes manœuvres ont été déclenchées. Face à Google, les géants de l’automobile ont en effet accéléré. General Motors a racheté la start-up Cruise Automation pour plus de 500 millions de dollars. Ford a dévoilé son premier prototype. BMW s’est associé avec Intel. Toyota s’est enfin lancé dans la bataille.

Et un nouvel acteur s’est affirmé: Uber. En septembre, la plate-forme de VTC a commencé à transporter des clients à bord de ses voitures sans conducteur dans les rues de Pittsburgh. Deux semaines plus tôt, elle avait mis la main sur les poids lourds autonomes d’Otto.

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Beaucoup de scénarios à tester

Cette année, les phases d’essais devraient encore s’accentuer. Selon l’agence Bloomberg, Waymo souhaiterait acquérir 100 voitures de plus auprès de Fiat Chrysler. General Motors vient tout juste de débuter ses expérimentations à Detroit, sa ville natale. Ford, qui prévoit de tripler sa flotte en 2017, va lancer des tests en Europe. En Chine, le groupe Internet Baidu va mettre une centaine de véhicules en circulation.

Ces voitures vont continuer d’accumuler des millions de kilomètres de route. Cela doit permettre d’améliorer la partie logicielle, en apprenant des erreurs commises et des différentes situations rencontrées. «Il reste encore beaucoup d’essais à réaliser», souligne Egil Juliussen, du cabinet IHS Automotive. Pour le moment, les voitures autonomes circulent en effet principalement en ville ou sur autoroute et par beau temps. Pluie, neige, nuit, routes de campagne ou de montagne… autant de scénarios qui commenceront à être testés.

Voitures à la demande

Une partie de ces expérimentations prendront la forme de services de VTC. «Ils seront lancés dans de nombreuses villes aux Etats-Unis et dans d’autres pays», prédit Egil Juliussen. Après Pittsburgh, Uber va étendre son programme dans l’Arizona. A Göteborg, le constructeur suédois Volvo s’est associé avec les autorités locales pour déployer une flotte de taxis autonomes. Et les spéculations vont bon train sur le lancement, avec la fin de l’année, d’une première plate-forme de voitures à la demande par Waymo.

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L’année 2017 pourrait aussi être marquée par de nouveaux partenariats entre des constructeurs et des sociétés technologiques. «Ils disposent de forces et de compétences complémentaires», explique Richard Wallace, du Center for Automotive Research. Honda pourrait notamment s’associer avec Waymo. Par ailleurs, d’autres start-up pourraient être rachetées par l’industrie automobile pour acquérir des technologies ou des savoir-faire.

Totalement autonome en 2025

Si des progrès importants seront réalisés, la route reste encore longue. La voiture entièrement autonome, dite de niveau 5, capable de rouler partout et tout le temps, n’est pas attendue avant 2021. Et seulement par les plus optimistes: le consensus se porte davantage sur 2025. «Nous pourrions voir les premiers modèles de niveau 3 ou 4 dès cette année», veut croire Richard Wallace.

Elon Musk, le fondateur et patron de Tesla, a ainsi promis de relier Los Angeles à New York sans toucher le volant avant la fin de l’année. Mais l’accident mortel intervenu l’été dernier en Floride rappelle les limites de la technologie actuelle.