Pharmacie

Le japonais Takeda va acquérir le laboratoire américain Ariad

A hauteur de 5,2 milliards de dollars, ce rachat du laboratoire spécialisé dans les thérapies de cancers fait partie de la stratégie de Takeda, pour qui l’oncologie est une priorité

Le premier groupe pharmaceutique japonais, Takeda, a annoncé lundi soir un accord définitif d’acquisition amiable d’Ariad, un laboratoire américain spécialisé dans les thérapies de cancers, pour un montant d’environ 5,2 milliards de dollars.

Cette annonce s’inscrit pleinement dans la stratégie édictée par le Français Christophe Weber, patron de Takeda, qui a fait de l’oncologie une des priorités du groupe nippon.

«Par ce rachat nous allons étendre nos compétences dans le traitement de certains cancers comme ceux du sang et donner une nouvelle dimension à notre portefeuille mondial des thérapies du cancer», a expliqué Takeda dans un communiqué diffusé tard lundi, jour férié au Japon.

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Une réorganisation des activités de Takeda

La transaction, approuvée à l’unanimité des conseils d’administration des deux entreprises, devrait être réalisée d’ici à la fin de février. Elle sera financée à hauteur de 4 milliards de dollars par l’emprunt et le reste avec la trésorerie existante. «Nous allons garder notre flexibilité financière», a promis Christophe Weber lors d’une conférence audio retransmise sur Internet.

Le prix décidé (24 dollars par action) représente une prime de 75% par rapport au cours de clôture de la valeur Ariad le 6 janvier, à la veille du week-end. Les investisseurs à la Bourse de Tokyo réagissaient plutôt positivement, le titre Takeda prenant 1,20% à 5025 yens mardi matin.

Ariad deviendra une filiale à 100% de Takeda, qui est engagé dans une vaste réorganisation de ses activités. Le laboratoire a récemment décidé de céder à son compatriote Fujifilm Holdings une importante filiale, Wako Pure Chemical, pour 154,7 milliards de yens (1,25 milliard d’euros au cours actuel).

Takeda a aussi été un moment en discussion avec le canadien Valeant pour la reprise d’une division de ce dernier, Salix, mais l’opération ne s’est pas faite. Des pourparlers sont en cours avec «plusieurs interlocuteurs», avait indiqué en novembre le numéro un nippon du secteur.

La R&D poursuivie

Avec Ariad, Takeda attend une contribution positive à ses résultats «rapide et sur le long terme». Takeda met en avant deux produits d’Ariad: Iclusig (pour combattre la leucémie), et Brigatinib (contre les tumeurs solides). «Nous en attendons un potentiel de revenus sur une longue durée», a souligné Christophe Weber. «Nous serons en mesure de poursuivre le développement de ces produits avec les budgets prévus de R&D», a-t-il en outre précisé.

«Nous favorisons parallèlement les collaborations, nous en avons lancé 50 et seulement une acquisition», a insisté Christophe Weber, interrogé sur l’utilisation des capitaux du groupe depuis son arrivée aux commandes il y a un an et demi.

«Les occasions d’acquérir une société détentrice de thérapies d’une telle qualité et complémentarité sont rares et nous ne pouvions pas manquer celle-là, qui est pleinement justifiée», a-t-il ajouté. Takeda a fait de l’oncologie, des traitements des maladies du système digestif et des vaccins les piliers de son activité.

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