Technologies

Avec Snapchat, Londres devient la capitale de la technologie

Snap, société qui édite Snapchat, installera son siège international dans la capitale britannique. Elle suit ainsi la stratégie de Google, Facebook et Apple

Londres se profile comme l’une des capitales mondiales de la technologie. Dans la nuit de lundi à mardi, la maison mère du service de messagerie Snapchat annonçait sa volonté d’y installer son siège pour ses activités hors des Etats-Unis. Londres abritera ainsi Snap, dont la popularité de l’application pour smartphone a porté sa valorisation entre 20 et 25 milliards de dollars. Avant Snap, Apple, Facebook et Google avaient annoncé un renforcement de leurs activités à Londres.

Aujourd’hui, Snap compte 75 employés dans le quartier de Soho. De nouveaux bureaux seront établis, devant accueillir un nombre non communiqué de collaborateurs. Londres regroupera ses opérations commerciales dans tous les pays où il ne dispose pas de bureau. Et c’est à Londres que les revenus liés à ces pays seront déclarés. Le service de messagerie Snapchat, en vogue auprès des adolescents, compte 150 millions d’utilisateurs, dont 10 millions en Grande-Bretagne. Snap devrait entrer en bourse en mars.

Ecosystème londonien

Pourquoi choisir Londres, alors que la fiscalité à Dublin ou Amsterdam est a priori plus douce? «Je pense que les récentes révélations d’arrangements fiscaux très favorables à certaines multinationales ont pesé, analyse Nicolas Capt, avocat au Barreau de Genève et spécialisé dans la technologie. L’Angleterre est le premier marché européen pour Snap, la société veut ainsi montrer patte blanche. Et il est certain que la récente implantation à Londres d’autres géants de la tech a pesé.»

L’Angleterre est le premier marché européen pour Snap, la société veut ainsi montrer patte blanche

En novembre 2016, Google annonçait ainsi la construction, à Londres, d’un bâtiment pouvant accueillir 3000 employés supplémentaires, pour un investissement de 1 milliard de livres (1,2 milliard de francs). Et une semaine plus tard, Facebook annonçait le recrutement de 500 personnes supplémentaires dans la capitale britannique, pour y porter ses effectifs, à terme, à 1500 employés. En parallèle, IBM affirmait qu’il allait porter de deux à six le nombre de ses centres de données en Angleterre.

Suisse préservée

Malgré le Brexit et les incertitudes liées aux permis octroyés à la main-d’œuvre étrangère, Londres demeure ainsi attractive. Et elle négocie aussi avec les entreprises. Il y a un an, le Royaume-Uni concluait un accord avec Google, qui acceptait de verser 130 millions de livres concernant des arriérés d’impôt sur dix ans. Un expert avait alors dénoncé un traitement de faveur, avec un taux d’imposition de 5%.

La Suisse risque-t-elle de souffrir de la concurrence londonienne? «A priori pas, les conditions-cadres et les infrastructures demeurent très bonnes. Mais il faut que la prochaine réforme sur l’imposition des entreprises (RIE III) soit acceptée pour que la Suisse demeure compétitive», affirme Nicolas Capt.


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